Appel à une grève de la surveillance du baccalauréat : le syndicat lycéen UNL divisé "sur la position à adopter"

Une professeure surveille les épreuves du baccalauréat au lycée Pasteur à Strasbourg, le 18 juin 2018.
Une professeure surveille les épreuves du baccalauréat au lycée Pasteur à Strasbourg, le 18 juin 2018. (FREDERICK FLORIN / AFP)

Le syndicat lycéen, par la voix de son président Louis Boyard, dit être opposé aux réformes Blanquer, mais comprend l'inquiétude des lycéens sur la menace que ferait peser une grève de la surveillance sur les épreuves du bac.

Plusieurs syndicats d'enseignants appellent à une grève de la surveillance du baccalauréat, qui doit débuter le 17 juin, pour protester contre la réforme du lycée et du baccalauréat

Louis Boyard, président du syndicat lycéen UNL, a indiqué sur franceinfo jeudi 30 mai qu'une décision serait prise "en interne" sur une éventuelle participation à la grève, ou pas, et que tous les membres du syndicat n'étaient pas d'accord sur la position à adopter. 

franceinfo : Est-ce que vous êtes inquiet de ces menaces de perturbation du baccalauréat ?

Louis Boyard : Je vous avoue que c'est une position très difficile à tenir pour nous, parce qu'on est opposés à ces réformes Blanquer. Mais le baccalauréat, c'est aussi une épreuve à laquelle on se prépare depuis huit ans, depuis le collège, donc on comprend l'inquiétude des lycéens.

De notre côté à l'UNL, il va y avoir une décision qui va être prise en interne pour voir si on appelle à la grève ou pas, ce n'est pas encore tranché. C'est un débat qui divise, et c'est normal. Il a lieu dans de nombreuses organisations.

Après 1968, 2003, peut-être qu'on se rappellera de 2019 à cause de Jean-Michel Blanquer (…) S'il ne veut pas qu'on en arrive à ces extrêmes-là, il va falloir qu'il écoute la communauté scolaire. Parce que parents d'élèves, professeurs et élèves, on n'est pas d'accord avec ces réformes pour le moment.

Est-ce qu'une telle grève touchant aux épreuves du bac, si elle a lieu, ne risque pas d'être impopulaire ? 

Il y a deux débats : la méthode et le fond. La réforme du lycée par exemple. Tout le monde peut comprendre pourquoi on s'y oppose, Parcoursup encore plus, tout comme la loi pour une école de la confiance. Les parents d'élèves, lycéens et professeurs se sont mis tous ensemble pour dire "on n'est pas d'accord". On a fait des journées de grève et de blocage avec 1 300 lycées bloqués en décembre et on n'est pas écoutés derrière.(...) Il y a un débat dans l'opinion publique et c'est à nous d'être pédagogiques et d'expliquer que sur le fond ils [les professeurs] n'ont pas tort.

N'est-ce pas trop tard pour revenir sur cette réforme du lycée maintenant ? 

Le problème de la réforme du lycée, c'est non seulement son application mais aussi la manière dont ça été fait. On dit que ça va être appliqué, que ça va être mis en place. Mais tous les jours on reçoit des messages d'élèves qui nous disent que les proviseurs ne savent pas ce qu'il se passe. Donc en fait ça va être catastrophique. Est-ce qu'on se dit "la loi est votée, on arrête tout et on fait face à la catastrophe en silence ?"

Nous, ce qu'on demande derrière, c'est plus de moyens pour l'Éducation nationale. Si on s'oppose à Parcoursup, à l'Ecole de la confiance, à la réforme du lycée, c'est parce qu'aujourd'hui on nous propose de fausses solutions quand le vrai problème est un problème d'argent. Aujourd'hui on est 35 par classe, on a des professeurs qui se suicident aussi, justement à cause de ça. On continuera d'avoir ces mouvements sociaux jusqu'à ce qu'ils [les pouvoirs publics] investissent dans l'Éducation nationale.

Vous êtes à nouveau en ligne