Najat Vallaud-Belkacem, une bonne élève à la tête de l'Education

(A 36 ans, Najat Vallaud-Belkacem devient la première femme à prendre la tête de l'Education nationale. © Maxppp)

A 36 ans, Najat Vallaud-Belkacem - invitée de France Info à 8h15 ce mercredi - succède à Benoît Hamon. Elle devient la première femme à occuper la fonction de ministre de l’Education. A moins d’une semaine de la rentrée scolaire, de nombreux chantiers l’attendent et elle devra mener plusieurs réformes tout aussi attendues que délicates.

Cette arrivée de Najat Vallaud-Belkacem à la tête de cet important ministère marque une nouvelle étape dans sa carrière, déjà fulgurante. Née le 4 octobre 1977 dans le Rif marocain, Najat Vallaud-Belkacem est le deuxième enfant d’une famille qui en compte sept. "J'ai  des souvenirs gravés en mémoire dans lesquels j'accompagne mon grand-père pour  garder les chèvres. D'autres où on va chercher l'eau au puits, parce qu'on  n'avait pas l'eau courante, ni l'électricité d'ailleurs. (...) C'est des  souvenirs de grande liberté  pour un enfant."  

"Un pur produit de la République"

Elle n’a que cinq ans quand elle arrive en France, dans la Somme. Bien qu'elle ne parle pas français, elle s'adapte très vite et se prend à rêver de sa vie future. "La réalité nous a vite rattrapé et elle était dure. Avec un père ouvrier, qui ne gagnait pas des mille et des cents, une mère au foyer. C'est difficile de rêver, de se projeter dans un avenir fait d'autres chose s", expliquait-elle en novembre dernier.  

Elève brillante, elle fait des études de droit avant d'être diplômée de Sciences Po, elle a toujours préféré se définir comme un “pur produit de la République ” plutôt que comme une “caution de la diversité ”. C’est pourtant son profil qui l’aide à se faire remarquer. A Lyon d’abord, par le maire socialiste Gérard Collomb, puis par Ségolène Royal, qui en fera une de ses porte-parole lors de la campagne présidentielle de 2007, perdue par la candidate du PS face à Nicolas Sarkozy.

Deux coups durs encaissés

En 2012, elle devient porte-parole du gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Elle "fait face aux épreuves avec intelligence et sang-froid ", dit d’elle Arnaud Montebourg. Des qualités qui la servent et lui permettent de gravir rapidement les échelons gouvernementaux. Lors de l’arrivée de Manuel Valls à Matignon en avril dernier, elle est récompensée par le ministère du Droits des Femmes, Jeunesse, Ville et Sports, mais n’aura pas le temps d’y engager la moindre réforme.

A ce poste, elle ne fait pas de vagues, mais encaisse deux coups durs. Le premier est la suppression de la disposition sur la pénalisation des clients de prostituées qu’elle avait largement soutenue. Le deuxième est le retrait des “ABCD de l’égalité”. Là encore, un projet qu’elle avait en partie porté. Se refusant à parler de revers ou de reculade, elle défend aujourd’hui un nouveau “plan d’action” sur l’égalité entre les filles et les garçons à l’école.

La Manif pour tous dénonce "une provocation"

Une position qui lui vaut les foudres d’une grande partie de la droite, qui n’a pas tardé à réagir mardi, à l’image des adversaires du mariage homosexuel. Le mouvement de “La Manif pour tous” a dénoncé dans sa nomination une “provocation ”. Il lui reproche de défendre “l’idéologie du genre à l’école ”.

Les syndicats d’enseignants et de parents ont eux en revanche salué cette nomination, mais ont expliqué attendre désormais qu’elle affirme rapidement sa détermination à “rénover l’école ”. La rentrée de plus de 12 millions d’élèves et 800.000 professeurs a évidemment été préparée par son prédécesseur, mais Najat Vallaud-Belkacem va devoir s’emparer rapidement de nombreux chantiers, en premier lieu desquels la réforme des rythmes scolaires.

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