Haute-Vienne : ce que l'on sait des poursuites contre une directrice d'école pour "violences" sur des élèves

Capture de Google StreetView montrant l\'école maternelle de Feytiat (Haute-Vienne), dont la directrice est accusée de \"violences physiques et psychologiques\" sur une quinzaine d\'enfants.
Capture de Google StreetView montrant l'école maternelle de Feytiat (Haute-Vienne), dont la directrice est accusée de "violences physiques et psychologiques" sur une quinzaine d'enfants. (GOOGLE STREETVIEW)

Une vingtaine de parents d'élèves de l'école maternelle de Feytiat (Haute-Vienne) ont porté plainte contre cette enseignante pour des "violences physiques et psychologiques".

Elle est convoquée devant la justice. Après une garde à vue prolongée, la directrice de l'école maternelle de Feytiat (Haute-Vienne) a été déférée au parquet de Limoges, jeudi 25 juin, et reçu sa convocation devant le tribunal correctionnel. Cette enseignante de 48 ans fait l'objet d'une vingtaine de plaintes de parents d'élèves. Elle est poursuivie pour des faits de violences sur mineurs de 15 ans commis par une personne ayant autorité sur les victimes. Laissée en liberté, elle a été placée sous contrôle judiciaire.

A quand remontent les faits ? 

Les infractions retenues par le parquet concernent 21 enfants sur les quatre dernières années scolaires. Ce qui correspond à sa prise de poste dans cette école maternelle publique de 200 élèves - la seule dans cette petite commune de 6 000 habitants, située à quelques kilomètres au sud-est de Limoges.

Selon le collectif formé par les parents d'élèves, ces enfants, scolarisés en petite section, auraient été l'objet de brimades et d'humiliations, dont trois plus particulièrement.

Que lui est-il reproché précisément ?

"Nous avons réuni de nombreux témoignages : tapes sur la nuque, enfants secoués, témoignages de tout-petits racontant leur angoisse d'être mis dans le 'placard aux sorcières', humiliations, brimades... la liste est sans fin", raconte à l'AFP une mère de famille, porte-parole du collectif, qui souhaite rester anonyme.

Selon Le Populaire, qui parle de "pincements de joues et de tirages de cheveux", l'enseignante aurait humilié des enfants "quand ils rataient des dessins ou qu'ils omettaient par exemple de lui dire bonjour en arrivant à l'école"

Une source proche de l'enquête fait état de "méthodes de travail, disons 'à l'ancienne', c'est-à-dire assez violentes", précisant que l'enseignante aurait déjà été repérée pour des précédents lors d'autres affectations dans le département, notamment à Eymoutiers. "Des rumeurs infondées", selon l'inspection académique de la Haute-Vienne, contactée par France 3.

Comment l'affaire a-t-elle éclaté ? 

En février dernier, une Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles) de la classe a écrit une lettre au maire (PS), Gaston Chassain, pour dénoncer ces agissements. "Cela avait l'air suffisamment sérieux pour que je le signale à l'inspection académique", indique à francetv info l'édile, qui assure avoir entretenu jusque-là des "relations normales" avec cette directrice d'école.

Dans la foulée, une enquête administrative a été ouverte et l'enseignante s'est mise en arrêt maladie. Les parents d'élèves, eux, ont porté plainte, monté un collectif et saisi le défenseur des droits, Jacques Toubon, chargé de ce dossier depuis quinze jours. 

Selon la porte-parole du collectif, des courriers avaient été adressés par des parents à la mairie depuis 2011, mais étaient restés lettre morte. 

Quelle a été la réaction de l'Education nationale ? 

Selon les parents d'élèves, la réactivité et l'écoute de l'académie n'ont pas été à la hauteur de la situation. Interrogé par France 3, l'inspecteur d'académie de la Haute-Vienne, Laurent Le Mercier, assure que tout a été fait "dans les règles de l'art" et qu'"une cellule d'écoute psychologique a été mise en place".  

Selon la porte-parole du collectif de parents, l'inspection académique a simplement annoncé, au printemps, "qu'un accord avait été trouvé avec l'enseignante, qu'elle était en arrêt de travail et qu'elle ne reviendrait plus dans l'école". Elle s'insurge : "Mais pour nous, il est inenvisageable qu'elle retourne auprès d'enfants où que ce soit. Cette femme n'a pas sa place dans l'Education nationale."

Or, selon Le Populaire, la directrice d'école a déjà été réaffectée pour la rentrée prochaine à l'école de la Bregère, à Limoges. Selon les informations de France 3, elle aurait même assisté à une réunion préparatoire, alors qu'elle était en arrêt maladie. L'inspection académique assure que cette réaffectation n'est qu'administrative et que l'enseignante sera suspendue au retour de son arrêt maladie, en attendant les conclusions judiciaires de l'affaire. La date de l'audience au tribunal n'a pas encore été communiquée.

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