VIDEO. "Je n'ai pas pu la sauver" : le témoignage d'une mère après le suicide de sa fille, victime de harcèlement scolaire

FRANCEINFO

Le magazine "Suite parentale" s'intéresse au harcèlement scolaire, mardi 6 novembre, sur France 4.

"Les toilettes étaient le seul endroit dans ce foutu collège où j'étais sûre d'être tranquille." Emilie Monk s'est donné la mort en décembre 2015, à l'âge de 17 ans. Pendant plusieurs années, entre la classe de 5e et de 3e, elle a été victime de brimades dans un prestigieux collège privé catholique de Lille (Nord), Notre-Dame de la Paix. Ce harcèlement l'a plongé dans une profonde dépression dont elle n'est jamais sortie. Elle s'est suicidée deux ans et demi plus tard. La mère d'Emilie, Virginie Monk, témoigne dans le magazine "Suite parentale", qui sera diffusé mardi 6 novembre sur France 4.

Après son décès, les parents d'Emilie ont découvert, dans son ordinateur, une sorte de testament qu’ils ont décidé de publier dans un livre intitulé Rester fort (éd Slatkine & Cie, 2017). L'adolescente y livre ses émotions, ses impressions. Avec des mots parfois durs. "Je ne voulais pas que mes parents sachent à quel point j'étais pitoyable. Oui, ils me trouveraient pitoyable. Ils savaient qu'à l'école je n'avais jamais eu d'amis, alors je faisais comme si j’en avais pour qu'ils ne pensent pas avoir donné naissance à une pure sous-merde", écrit-elle.

"Ça fait mal d'imaginer que son enfant a vécu tout ça"

"On lui faisait des croches-pieds, on lui donnait des coups de poing, des coups de pieds. On lui a jeté des mouchoirs usagés au visage", raconte Virginie Monk, qui estime que sa fille a été ciblée parce qu'elle était bonne élève et qu'elle ne s'intéressait ni aux garçons, ni à la mode, ni au luxe.

Sur le chemin pour rentrer chez moi, je laissais les larmes couler sur mes joues. Je ne me le permettais que trois fois par jour : le matin avant d'aller au collège, le soir en rentrant, le soir dans mon lit.

Emilie Monk

"Ça fait vraiment très très mal d'imaginer que son enfant a vécu tout ça, sans qu'on le sache et sans qu'on puisse intervenir pour l'aider", raconte Virginie Monk. J'aurai toujours ce sentiment, qui me bouffe les tripes, que je n'ai pas pu sauver ma fille. Ça, c'est inconcevable." A la culpabilité s’ajoute la colère contre l’établissement qui n’a pas mesuré la gravité de la situation. "Aucune mesure n'a été prise pour sanctionner les agresseurs, pour les identifier, rien n'a été fait, regrette Virginie Monk. Ça génère beaucoup de colère, de tristesse, et un sentiment d'injustice qui est assez difficile à vivre."

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