Enseignant malentendant agressé en Gironde : "Pas de coups, mais un charivari", selon le proviseur du lycée

Capture d\'écran de Google Street View montrant le lycée professionnel Emile-Combes, à Bègles (Gironde).
Capture d'écran de Google Street View montrant le lycée professionnel Emile-Combes, à Bègles (Gironde). (GOOGLESTREETVIEW)

D'après la direction de l'établissement, le professeur d'une trentaine d'années a été chahuté mais pas violenté en plein cours.

"Il n'y a pas eu de coups, il faut rétablir la vérité." Le proviseur par intérim du lycée professionnel Emile-Combes de Bègles (Gironde) a réagi à l'information du quotidien régional Sud-Ouest, selon laquelle un professeur malentendant avait été frappé et insulté en plein cours par des élèves qui ont filmé la scène.

"Il n'y a pas eu de coups. C'est un charivari autour d'un professeur qui a des difficultés d'audition, corrige Jean-Jacques Laisné auprès de francetv info. Le côté scandaleux, qui nous a conduit à prendre des sanctions, c'est cette forme de moquerie et d'humiliation. On amène des fleurs au professeur pour s'en moquer et on va pratiquement lui faire une accolade, une tape dans le dos", poursuit-il, précisant qu'il s'agit de quatre élèves de seconde "difficiles à gérer".

La vidéo postée sur Snapchat

Les faits se sont déroulés le 20 mai dans la classe de cet enseignant de lettres et histoire-géographie âgé d'une trentaine d'années. Le professeur a poursuivi son cours et n'a pas fait état de l'incident auprès de ses collègues ou de sa hiérarchie. Mais il est "en arrêt maladie depuis les faits", précise France Bleu Gironde. C'est la mère d'un élève de la classe, tombée sur la vidéo des brimades postée sur le réseau social Snapchat, qui a encouragé son enfant à signaler l'évènement à la direction de l'établissement.

A l'issue d'un conseil de discipline, trois élèves ont été définitivement exclus et le quatrième renvoyé avec sursis. "Cette affaire a pris de l'ampleur mais cela me paraît disproportionné, même si c'est fâcheux et triste", souligne le proviseur, qui parle plutôt d'une "violence morale".

Ces faits surviennent dans un contexte assez lourd. Jean-Jacques Laisné est en poste depuis deux semaines, après l'arrêt maladie de la proviseure adjointe, qui assurait seule la gestion de l'établissement depuis l'arrêt maladie du proviseur principal en avril. Jean-Jacques Laisné a été dépêché sur place pour régler les problèmes dans l'attente de la nomination d'un nouveau proviseur à la rentrée.

"Des problèmes récurrents dans cet établissement"

Contacté par francetv info, le secrétaire départemental du syndicat d'enseignants Snuep-FSU, Vincent Destrian, évoque "des problèmes récurrents dans cet établissement à la population sociale défavorisée". Classé en REP, le lycée a subi des baisses de dotations et perdu une classe de terminale logistique. Depuis le mois de février, les enseignants manifestent régulièrement pour que les moyens soient rétablis.

Des difficultés en passe d'être réglées, selon Jean-Jacques Laisné, qui regrette que cette nouvelle affaire ait pu dégrader l'image de ce lycée. "Il est plutôt très bien tenu, je n'ai pas eu le sentiment d'une situation dégradée", fait-il valoir. Du côté de l'académie, elle indique dans un communiqué qu'une "plainte a été déposée auprès de l’autorité judiciaire pour outrage à une personne chargée d’une mission de service public".

Vous êtes à nouveau en ligne