"Expliquer", le sujet improbable de l'épreuve de philosophie à l'ENS

Sujet de l\'épreuve de philosophie au concours de l\'Ecole normale supérieure, le 16 avril 2015.
Sujet de l'épreuve de philosophie au concours de l'Ecole normale supérieure, le 16 avril 2015. (ENS)

L'Ecole normale supérieure serait-elle taquine ? Le sujet de philosophie pour l'entrée dans le prestigieux établissement était succinct et un peu tarabiscoté. Des élèves s'en amusent, sur Twitter. 

Un simple verbe, à l'infinitif. L'épreuve de philosophie au concours d'entrée de l'Ecole normale supérieure s'est déroulée jeudi 16 avril. Les étudiants, qui préparent le concours depuis au moins deux années intensives, ont été surpris en découvrant l'intitulé du sujet de la composition : "Expliquer." Une composition à rédiger en six heures, maximum. A la sortie de l'épreuve, de nombreux élèves se sont amusés (ou plaints) de ce choix, sur Twitter.

"La cause" en 2013

Un tel sujet dépareille-t-il vraiment par rapport aux devoirs effectués hors concours ? Au cours de l'année, que ce soit en classe préparatoire ou à l'université, les sujets formés d'un seul mot ne sont pas rares. Si l'on se plonge dans l'historique des épreuves proposées en philosophie pour le concours d'entrée à l'ENS, on trouve aussi des mots secs, avec des questions plus classiques. En 2014 : "Le corps peut-il être un objet d'art ?" En 2013 : "La cause". En 2012 : "Qu'est-ce qui est hors la loi ?" En 2010 : "L'imitation".

Par ailleurs, le thème de travail cette année était "la science". Sur Twitter, certains élèves relativisent l'effet de surprise du sujet.

D'ordinaire, le sujet proposé au concours renvoie néanmoins à un concept précis et non à un verbe qui appelle, en temps normal, un complément d'objet direct (et souvent, dans le cadre scolaire, un commentaire de texte). Et pour couronner le tout, "l'usage de la calculatrice" n'était pas autorisé…