Comment Najat Vallaud-Belkacem veut lutter contre le non-remplacement des professeurs

La ministre de l\'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, sort d\'un Conseil des ministres, à l\'Elysée, le 22 septembre 2016.
La ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, sort d'un Conseil des ministres, à l'Elysée, le 22 septembre 2016. (YANN KORBI / CITIZENSIDE / AFP)

La ministre de l'Education nationale annonce mardi plusieurs mesures pour améliorer le remplacement des professeurs absents. 

Objectif : meux gérer les absences des enseignants. Najat Vallaud-Belkacem doit annoncer, mardi 18 octobre, plusieurs mesures pour améliorer le remplacement des professeurs absents, ainsi que l'information donnée aux familles.

Un vivier de remplaçants par département

Dans le premier degré, il y aura un vivier unique de professeurs remplaçants par département, alors que jusque-là, leur zone d'intervention pouvait être plus réduite. Cela devrait permettre de limiter l'affectation de remplaçants successifs différents devant les enfants, selon le ministère de l'Education nationale.

Najat Vallaud-Belkacem prévoit l'embauche de 1 500 remplaçants pour 2017, qui s'ajoutent aux 3 500 postes créés depuis le début du quinquennat, avec un effort particulier pour les académies de Créteil, Versailles et Lille.

Un "accompagnement des profs en difficulté"

Dans le secondaire, en cas d'absence courte, c'est l'établissement qui est censé se débrouiller avec des heures supplémentaires assurées par d'autres enseignants. Au-delà de quinze jours, l'académie doit se charger du remplacement. Le ministère veut "réactiver" des protocoles de remplacement des absences courtes, créés en 2005 mais "tombés en désuétude dans de nombreux établissements".

Pour les absences ponctuelles mais à répétition, dites "absences perlées", le ministère veut généraliser à la rentrée 2017 des protocoles pour "mieux accompagner les personnels en difficulté" (les recevoir, envisager des solutions de type tutorat, allègement de service, retrait temporaire…). 

La gestion des absences prévisibles améliorée

La gestion des absences prévisibles doit aussi être améliorée. Ainsi, des formations d'enseignants pourront être organisées pendant les petites vacances, sur la base du volontariat et rémunérées. De même, les jurys et les préparations d'examen seront "organisés de préférence le mercredi après-midi". Un guide sur les autorisations d'absence sera élaboré.

Des indicateurs sur les non-remplacements

Le ministère s'engage à publier tous les ans des indicateurs nationaux sur les non-remplacements. En 2015-2016, il y a eu en moyenne 1,6% de demi-journées de cours non assurées dans le premier degré (13 heures par élève et par an), indique-t-il. Ce taux a atteint 3,1% dans l'académie de Créteil, qui peine à recruter suffisamment de professeurs. Dans le second degré, il y a eu 2,9% d'heures de cours non assurées en 2014-2015, dernière année dont les données sont disponibles (29 heures par élève et par an).

Une meilleure information des parents

Concernant l'information des parents, une charte sera expérimentée dans les académies de Poitiers et Nancy-Metz, et généralisée "courant 2017".

Les absences non remplacées sont dénoncées chaque année par les fédérations de parents, notamment en Seine-Saint-Denis, département défavorisé et en boom démographique. L'année dernière, la FCPE a recensé plus de 40 000 journées de cours perdues au niveau national, d'après les signalements de parents sur son site ouyapascours.

Entre 2008 et 2012, sous la droite, il y a eu 1 576 suppressions de postes de remplaçants en primaire, souligne le ministère. Entre 2013 et 2017, il y aura 5 000 créations de postes de remplaçants, dont 1 349 à la rentrée 2016 et 1 500 en 2017.

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