Clara, Valentin et Camille, trois bacheliers sans université

(7.500 étudiants n'ont pas encore d'affectation dans les universités © Maxppp)

7.500 bacheliers sur les 617.000 admis cette année sont toujours sans affectation pour la rentrée prochaine. Une situation dénoncée par l’UNEF qui pointe le manque de place et la sélection. Le ministère promet que tout sera réglé d'ici la rentrée. Mais pour mieux comprendre, France Info vous propose ces trois exemples...

A un mois de la rentrée, 7.500 bacheliers, pourtant inscrits via la procédure Admission post bac (APB) n’ont toujours aucune proposition de place validée par l’université. Pour les 617.900 bacheliers reçus cette année, trois phases de sélections ont déjà été effectuées sur la plateforme APB, mais certains n’ont pas été acceptés dans l’une des formations de leur choix.

Clara, à qui on a refusé tous ses choix

Clara qui avec son bac ES a postulé dans quatre universités parisiennes est refusée partout et se retrouve sans affectation. Elle n’a pu valider qu’une fac privée à 8.000 euros l’année :

"J’ai quand même eu 18 à l’oral de français, 16 à l’écrit, et ils n’ont même pas voulu prendre mon dossier. Parce que je n’ai pas passé mon bac à Paris. Alors que j’ai une adresse là-bas, vu que mon père y habite et que j’y ai passé une semaine sur deux".

Clara Jacobs qui a postulé dans quatre universités parisiennes est refusée partout et se retrouve sans affectation - un reportage de Sophie Souchard
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Valentin, en attente parce qu'il a choisi une filière trés prisée

 Après avoir obtenu son bac ES, Valentin se destine à travailler dans l’évènement sportif. Mais les 5 vœux qu’il a fait pour la filière STAPS (Sciences et techniques des activités physiques et sportives), une filière particulièrement demandée,  ont été rejetés. Il peut toujours opter pour son 6ème vœux : des études d’espagnol. Il se demande s’il doit faire un choix par défaut.

"Je ne sais pas si je dois plutôt prendre une année sabatique à rien faire et après demander STAPS ou si je dois faire une année qui aura rien à voir avec ce que je veux faire à la base"

Valentin qui souhaite intégrer la filière STAPS se demande s'il doit faire un choix par défaut. Reportage de Pierre Coquelin
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Camille, acceptée dans une filière qui ne l'intéresse pas

A 18 ans, Camille, de Villebon-sur-Yvette en Essonne n’est pas sur le carreau. Elle a obtenu une acceptation pour son 8ème vœu, une formation en Sciences du langage. Le problème, c’est que son rêve, c’est de devenir psychologue du développement de l’enfant. Pour ça, elle souhaitait intégrer une licence de psychologie à l’académie de Versailles. La jeune fille ne sait pas si elle doit être pragmatique en acceptant une filière par défaut :

"J’ai répondu sur APB un oui définitif pour Sciences du langage mais ce n’est pas du tout ce que j’aimerais faire, et je ne sais pas encore si j’ai envie de m’inscrire ou pas. Je me demande aussi, si je peux m’inscrire ou pas, et comment après je pourrais raccrocher la psychologie l’année prochaine".

Camille, acceptée dans une filière qu'elle n'est pas sûre de vouloir suivre est en plein doute. Reportage de Pierre Coquelin
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Des capacités d’accueil insuffisantes

A l’Education nationale, on pointe un choc démographique dans les universités : + 6,5 % des demandes d’inscription cette année, soit 50.000 étudiants supplémentaire par an. De son côté, l’UNEF dénonce des tensions croissantes. Selon une enquête réalisée par le syndicat étudiant, 30 % des filières universitaires ont une capacité insuffisante pour répondre à toutes les demandes.

Cassandre Billot, l’une des responsables du syndicat étudiant, dénonce des tensions croissantes :

"Dans l’académie de Limoges, on a une baisse de 10 % de capacité d’accueil. Il y a aussi l’exemple des filières STAPS qui mettent en place des tirages au sort. L’année dernière il y en avait 6. Cette année il y en a quatorze".
 

Pour les étudiants toujours sur le carreau, des procédures complémentaires sont enclenchées. Les bacheliers ont jusqu’au 15 septembre pour formuler leurs nouveaux vœux. Le ministère de l’Education national a promis que chaque cas individuel serait traité d’ici la rentrée.

 

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