Benoît Hamon veut changer les notes à l'école pour stimuler au lieu de "décourager"

Dans une classe de sixième du collège de Gémozac (Charente-Maritime), le 1er décembre 2011. Dans cet établissement, des pastilles rouges et vertes remplacent les notes chiffrées.
Dans une classe de sixième du collège de Gémozac (Charente-Maritime), le 1er décembre 2011. Dans cet établissement, des pastilles rouges et vertes remplacent les notes chiffrées. (PATRICK BERNARD / AFP)

Au moment d'ouvrir une "conférence nationale sur l'évaluation des élèves", le ministre de l'Education nationale donne sa vision du système de notation à l'école, dans un entretien au "Parisien".

Vers la fin des notes ? Benoît Hamon lance mardi 24 juin une conférence nationale sur l'évaluation des élèves, en espérant parvenir d'ici à décembre à un "consensus" sur une notation plus bienveillante. "Il faut qu'elle soit plus exigeante, qu'elle en dise plus ; qu'elle soit bienveillante et qu'elle stimule au lieu de décourager", déclare le ministre de l'Education nationale dans un entretien publié mardi dans Le Parisien.

"Aujourd'hui, notre système d'évaluation souligne les lacunes et les échecs des élèves, ce qui peut être très décourageant pour certains", argumente le ministre. L'enquête Pisa menée par l'OCDE montre que "les jeunes Français sont ceux qui redoutent le plus l'erreur" et qui s'abstiennent le plus de répondre "par peur de faire une faute", souligne-t-il.

Souligner les progrès accomplis

Le principe de faire évoluer l'évaluation des élèves pour éviter une "notation-sanction" figure dans la loi de Refondation de l'école défendue par l'ancien ministre Vincent Peillon. Aujourd'hui, Benoît Hamon ouvre ce nouveau chantier.

Pour le ministre, "l'évaluation doit permettre aux enseignants et aux enfants de mesurer les progrès accomplis et ceux qui restent à accomplir". En dictée, par exemple, un élève qui progresse en syntaxe mais continue à faire trop de fautes en grammaire peut être toujours noté zéro. "Comment peut-il savoir qu'il a progressé ?" demande ainsi le ministre. La note doit être utilisée à bon escient. Elle est utile, mais quand elle paralyse, on doit lui substituer d'autres formes d'évaluation."

La conférence nationale sur l'évaluation des élèves associera de juillet à décembre la communauté éducative et la société civile, sous l'égide d'un comité d'organisation présidé par le recteur de l'académie de Rennes, Michel Quéré. Ses travaux se concluront avec "une semaine de l'évaluation" du 8 au 12 décembre, avant la remise des conclusions à Benoît Hamon.

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