Belgique : des professeurs de français veulent supprimer l'accord du participe passé avec l'auxiliaire avoir

Dans une salle de classe, le 4 septembre 2017, à Paris.
Dans une salle de classe, le 4 septembre 2017, à Paris. (MAXPPP)

Jugée complexe et grammaticalement peu pertinente, cette règle pourrait être supprimée par la fédération Wallonie-Bruxelles. On écrirait ainsi : "les gaufres que j'ai mangé" et non "les gaufres que j'ai mangées".

"Osons l'affirmer : les règles d'accord du participe passé actuelles sont obsolètes et compliquées jusqu'à l'absurde." Dans une tribune publiée lundi 3 septembre par Libération, deux professeurs de français en Wallonie (Belgique) souhaitent mettre un terme à l'accord du participe passé conjugué avec l'auxiliaire avoir. On écrirait ainsi : "les gaufres que j'ai mangé" et non "les gaufres que j'ai mangées", comme on doit l'écrire actuellement.

"L'incohérence des règles traditionnelles empêche [les enseignants] de donner du sens à leur enseignement. Le temps moyen consacré aux règles actuelles est de 80 heures, pour atteindre un niveau dont tout le monde se plaint", écrivent Arnaud Hoedt et Jérôme Piron. Actuellement, le participe passé, lorsqu'il est employé avec l'auxiliaire avoir, est invariable s'il précède le complément d'objet direct. En revanche, il s'accorde en genre et en nombre lorsqu'il le suit. 

Dans leur tribune, ces professeurs de français indiquent que la fédération Wallonie-Bruxelles "envisage sérieusement d'instaurer l'invariabilité du participe passé avec l'auxiliaire avoir." Et ils s'appuient sur le Bescherelle, qui désigne cette règle comme "la plus artificielle de la langue française" ou encore Le Bon usage de Maurice Grevisse, qui compte pas moins de 14 pages d'exceptions. 

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