VRAI OU FAKE À vrai dire. En France, les étudiants étrangers sont-ils moins nombreux cette année ?

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Les frais d'inscription dans les universités françaises ont été multipliés par 16 pour les étudiants internationaux hors Union européenne. Le gouvernement assure que cette augmentation spectaculaire n'a eu aucune conséquence sur les inscriptions. Et pour cause ! La grande majorité des établissements a choisi de ne pas appliquer cette hausse des coûts.

Il y a un an, l'émoi est grand dans le milieu universitaire français. Le gouvernement annonce une hausse spectaculaire des frais d'inscription pour les étudiants étrangers, hors Union européenne.

Ils passent de 170 euros l'année dernière à 2770 euros cette année pour une licence, et à 3770 euros pour un master, au lieu de 243 euros.

La décision suscite une levée de boucliers. Beaucoup craignent une chute brutale de la fréquentation des étudiants étrangers. Notamment Africains, puisqu'ils constituent le plus gros contingent.

Pourtant, début septembre, la ministre de l'Enseignement supérieur se montre rassurant, sur Europe 1 : "alors que ces tarifs ont été affichés, le nombre d'étudiants internationaux qui sont inscrits cette année dans les établissements a augmenté d'un peu plus de 2%" affirme Frédérique Vidal.

Combien d'étudiants internationaux cette année 

Cette petite hausse annoncée de 2% est difficilement vérifiable. La rentrée n'avait lieu que cette semaine, et pas pour tous les niveaux universitaires.

Même l'organisme en charge de la promotion de la mobilité internationale, Campus France, nous confirme dans un courrier électronique que "ni des chiffres consolidés, ni même provisoires n'existent sur cette rentrée. Et qu'il faut attendre les remontées des consulats et des établissements".

Pour autant, les quelques universités que nous avons contactées confirment une stabilité voire une hausse des inscriptions internationales.

"On a un moins de dossier mais on a proposé plus d'admissions. Alors que l'an dernier, il y avait 147 étudiants étrangers qui s'étaient inscrits jusqu'à fin décembre, là on a déjà dépassé les 150, c'est au dessus des chiffres finaux de l'année dernière", avance François Germinet, le président de l'université de Cergy-Pontoise.

A Caen, en Normandie, les inscriptions ne sont pas encore terminées mais déjà 2132 étudiants hors Union européenne sont inscrits. L'an dernier, c'était 2172. La différence est légère et surtout elle sera compensée par l'arrivée des étudiants du troisième cycle.

Il semble donc que la décision du gouvernement n'ait pas eu de conséquence négative cette année. Et pour cause !

Les frais de scolarité ont-ils vraiment augmenté ?

Le gouvernement n'avait pas anticipé une fronde des universités. L'arrêté du 19 avril 2019 fixant les nouveaux tarifs n'a pas vraiment été appliqué.

67 des 74 universités françaises ont refusé d'appliquer ces augmentations et offrent des exonérations pour les étudiants venus de l'étranger. Un décret de 2013 leur permet de le faire pour un maximum 10% des inscrits.

L'augmentation des frais de scolarité n'est donc pas vraiment entrée en vigueur cette année dans la grande majorité des établissements.

Les conséquences de la réforme risquent en revanche de se faire sentir d'ici à quelques années, quand les universités dépasseront les quotas d'exonérations que leur autorisent les textes.

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