Violences faites aux femmes : "La honte doit changer de camp"

Le gouvernement présente un plan pour amplifier la lutte contre les violences faites aux femmes. (photo d\'illustration)
Le gouvernement présente un plan pour amplifier la lutte contre les violences faites aux femmes. (photo d'illustration) (JOHAN BEN AZZOUZ / MAXPPP)

Le gouvernement lance un plan pour amplifier la lutte contre les violences conjugales mercredi 23 novembre. Des avancées saluées par la gynécologue Ghada Hatem, mais qui souligne que "la route est encore très longue".

Le gouvernement présente mercredi 23 novembre, en Conseil des ministres un plan pour amplifier la lutte contre les violences faites aux femmes. Ce 5e plan interministériel prévoit notamment une augmentation des hébergements d'urgence. En 2015, 122 femmes sont décédées sous les coups de leur conjoint et chaque année en France, 230 000 femmes sont victimes de violences. Ghada Hatem, gynécologue et fondatrice de la Maison des femmes à Saint-Denis, a estimé mercredi sur franceinfo que "des avancées très intéressantes ont été faites" en matière de lutte contre les violences faites aux femmes mais que "la route est encore très longue." Selon elle, "la honte doit changer de camp."

franceinfo : Les plans précédents ont-ils permis de faire avancer la lutte contre les violences faites aux femmes ?

Ghada Hatem : On avance même si la route est encore très longue. Des avancées très intéressantes ont été faites. La loi donne pas mal d'outils pour aborder ces questions comme l'ordonnance de protection, le téléphone grand-danger. Tous ces progrès sont très significatifs.

Comment arriver à sortir ses femmes de l'emprise de leur bourreau ?

C'est une de choses les plus compliquées parce que l'emprise est très forte, parce que les agresseurs ont des stratégies qui leur permettent justement d'isoler les femmes, de les convaincre qu'elles sont des moins que rien. Du coup, reprendre confiance en soi, reprendre un peu d'estime, devenir une combattante, devenir une survivante est très compliqué. L'idée est de protéger. Ces femmes, comme tous les citoyens, ont droit à être protégées. Leur offrir un lieu d'hébergement est la première des choses mais cela ne suffit pas bien sûr.

La plainte est-elle un acte essentiel pour échapper à la violence ?

C'est fondamental. La première chose qu'il faut faire, c'est faire des certificats. Quand une femme vient dire, il m'a fait ceci et cela, il faut le noter même si elle n'est pas prête à porter plainte. Ce document restera dans son dossier et le jour où elle aura besoin, il viendra enrichir et conforter sa plainte. Nous avons mis en place un délégué police-population. C'est une personne qui reçoit ces femmes et les accompagne au commissariat et les aide à porter plainte. La femme elle-même se sent coupable. La honte doit changer de camp. La femme pense qu'elle mérite ce qui lui arrive. C'est ça le problème. On lui a mis ça dans la tête. Ce n'est pas une jupe courte qui est la cause du viol, c'est le violeur.

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