VIDEO. Egalité femmes-hommes : le Quai d'Orsay a payé 450 000 euros pour infraction

Dans la fonction publique, on encourage la parité, mais même si les progrès sont là, il reste encore beaucoup à faire… Exemple au ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, extrait d'une enquête de "Pièces à conviction", à voir le 2 octobre 2019 sur France 3.

La discrimination est interdite en France, et punie par la loi, mais dans le monde du travail, l'égalité femme-homme n'est pas toujours respectée. Et en la matière, la fonction publique n'est pas exemplaire, même si les organigrammes se féminisent petit à petit.

A la fin de l'été à Paris, tous les ambassadeurs et ambassadrices se retrouvent pour une conférence annuelle. Lors de ce grand rendez-vous de la diplomatie française, on décerne un prix à ceux qui encouragent la parité au sein de leur personnel.

"Les femmes ont moins de réseau, les femmes se mettent moins en avant"

"Cela bouge beaucoup, mais il y a encore beaucoup à faire. Parce qu'on part de loin…, explique Eva Nguyen Binh, ambassadrice de France au Cambodge. Les femmes ont moins de réseau, les femmes se mettent moins en avant, elles ont moins de visibilité, donc il faut les aider, il faut s'entraider. C'est pas la faute des femmes, on les a peu encouragées jusqu'à présent. Il faut les encourager en les aidant elles, en leur procurant du réseau, en leur montrant que c'est possible. On a besoin de modèles aussi."  

Cette volonté de promouvoir les femmes aux plus hautes fonctions fait grincer quelques dents… "On a fait des progrès énormes dans ce domaine. Au point que des collègues disent qu'ils vont changer de sexe parce qu'il n'est plus possible pour un homme d'être nommé ambassadeur", plaisante François Rivasseau, ambassadeur de France auprès de l'Office des Nations unies à Genève.

Seulement un quart de femmes parmi les ambassadeurs

Le visage de la France à l'étranger demeure pourtant majoritairement masculin : parmi les ambassadeurs, on compte seulement un quart de femmes. Les apparences sont sauves lors de la photo qui immortalise l'événement : les femmes sont placées au premier rang, devant les hommes.

Pourtant, en 2018, le Quai d'Orsay a dû payer une amende de 450 000 euros pour infraction à l'égalité femmes-hommes. Le ministère n’avait pas respecté en 2017 les quotas de femmes en matière de "nouvelles nominations équilibrées pour l’encadrement supérieur et dirigeant dans la fonction publique", tel que l’impose la loi Sauvadet du 12 mars 2012…

Extrait de "Qu'est-ce qu'elle a ma gueule ? Enquête sur la discrimination au travail" diffusée dans "Pièces à conviction" le 2 octobre 2019.

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