Pour la première fois, un ministre japonais prend un congé paternité

Le ministre japonais de l\'Environnement, Shinjiro Koizumi, le 11 septembre 2019, à Tokyo.
Le ministre japonais de l'Environnement, Shinjiro Koizumi, le 11 septembre 2019, à Tokyo. (ISSEI KATO / REUTERS)

Dans un pays où les pères prennent rarement des congés à la naissance de leurs enfants, la décision du ministre de l'Environnement pourrait faire figure d'exemple.

Il s'agit d'une première dans l'histoire du Japon. Le ministre de l'Environnement, Shinjiro Koizumi, va provisoirement mettre de côté ses fonctions gouvernementales pour prendre un congé paternité à partir du vendredi 17 janvier. Au sein du gouvernement, cette décision a été favorablement accueillie. "Je lui souhaite de prendre le plus de temps possible. Ce serait vraiment une bonne chose que d'autres hommes suivent son exemple", a ainsi commenté le ministre de l'Economie, lui-même père de trois filles. Certaines voix ont toutefois déploré qu'il fasse passer sa famille devant ses responsabilités. 

Dans un pays où seuls 6% des pères prennent un congé paternité, sa décision pourrait faire figure d'exemple, même s'il ne prendra dans les faits que deux semaines de congés étalés sur trois mois. "Je continuerai de privilégier la politique (...) tout en prenant du temps pour pouponner", a précisé Shinjiro Koizumi, 38 ans, lors d'une conférence de presse organisée à son retour de la maternité où son fils est né.

De fortes inégalités femmes-hommes

Au Japon, les inégalités entre les femmes et les hommes sont très ancrées. En 2017, l'écart salarial entre les hommes et les femmes était 2,5 fois plus élevé au Japon (24,5%) qu'en France (9,9%), selon une note du ministère de l'Economie et des Finances français. L'archipel figure à la troisième place des pays de l'OCDE en termes d'inégalités et environ la moitié des femmes ne retournent pas sur le marché du travail après la naissance de leur premier enfant.

Une femme sur cinq serait victime de "matahara" (contraction de maternity harassment) ou "harcèlement pour cause de maternité". Ce harcèlement, encore très répandu, se traduit par des pressions de la part de l’employeur et des remarques de collègues entraînant le sentiment de ne plus être à sa place.

Toutefois, depuis l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Shinzo Abe en 2012, le gouvernement multiplie les prises de parole en faveur des femmes. Le chef du gouvernement a même déclaré en 2016 vouloir un Japon où "les femmes brillent". Une ambition intéressée ? L'archipel nippon fait face à une pénurie de main d'œuvre et est confronté au vieillissement de sa population et à la baisse de la natalité. 

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