Mort de Simone Veil : pour l'historienne Annette Wieviorka, elle a incarné "la mémoire d'Auschwitz avec intelligence, dignité et justesse"

Simone Veil, le 19 septembre 2006.
Simone Veil, le 19 septembre 2006. (PIERRE VERDY / AFP)

L'historienne Annette Wieviorka, spécialiste de la Shoah, rend hommage au combat de Simone Veil pour le droit des femmes mais aussi à "la façon dont elle a incarné la mémoire d'Auschwitz, avec intelligence, dignité et une justesse".

Simone Veil s'est éteinte vendredi 30 juin à l'âge de 89 ans. Rescapée de la Shoah lorsqu'elle était adolescente, féministe, elle s'était battue pour faire adopter la loi sur l'Interruption volontaire de grossesse, en 1975.

>>> A suivre : Les réactions après la mort de Simone Veil 

L'historienne Annette Wieviorka, spécialiste de la Shoah, rend hommage à cette grande figure de la vie politique française vendredi sur franceinfo. "Elle a représenté tellement de choses dans nos vies en tant que femme, la fameuse loi Veil, mais surtout dans la façon dont elle a incarné la mémoire d'Auschwitz, avec intelligence, dignité et une justesse qui ne l'a jamais quittée quand elle évoquait ses années de camp", a-t-elle déclaré.

"Il ne faut pas isoler l'expérience du camp"

L'historienne revient également sur les années de camp de l'ancienne ministre de la Santé. Simone Veil, entrée à l'Académie française en 2010, avait fait graver sur son épée d'académicienne le numéro de matricule, inscrit sur son bras à Auschwitz.

Une manière de rendre hommage à son passé et à sa famille, selon Annette Wieviorka. "Je crois qu'il ne faut pas isoler l'expérience du camp, du désastre qu'a été celui de sa famille. Le père, le frère assassinés, la mère morte en mars 1945 du typhus alors que Simone, sa mère, et sa soeur étaient restées solidaires pendant toute la traversée de Birkenau. Ce n'est pas simplement elle, c'est aussi ses deuils pour cette adolescente qui rentre et qui n'a plus de père, qui n'a plus de mère. Elle a porté la mémoire de la Shoah."

"Simone Veil a porté la mémoire de la Shoah" Annette Wievorka, historienne
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