#MeToo : un rappeur prend position en faveur des femmes

Le rappeur Vin’S a choisi de prendre part au mouvement #MeToo en publiant un morceau du même nom. Ne se revendiquant par forcément féministe, l’artiste a surtout voulu mettre en lumière les "abus" qui sont "banalisés". Brut a voulu comprendre la démarche du rappeur.

" Si tant d’entre elles balancent des porcs, c’est qu’il y a longtemps qu’le vase déborde ", ainsi débute le morceau de Vin’S. Dans le clip, pas de jeunes femmes dénudées ou de pluie de billets mais seulement plusieurs hommes qui acquiescent les propos de l’artiste.

Pourquoi avoir écrit ce morceau ?

Vin’S : J’ai écrit MeToo parce que c’était déjà un thème que je voulais traiter depuis un moment, pas forcément MeToo en soit, mais le fait que les femmes aient un espace dans cette société qui soit très injuste, très dénigré. Moi, quand j’ai fait écouter ce morceau à des amies femmes qui sont proches de moi, c’est marrant, elles m’ont dit : " Tu sais tout ce que tu racontes là, en fait nous, c’est banal pour nous. C’est normal. " Elles ne s’en rendent plus compte parce que carrément on a accepté le monde tel qu’il était : " Après tout c’est bon ". Mais non ! Il faut sortir de tout ça.

" T’as rien compris. La salope dans cette histoire, c’est surtout toi et ta connerie. "

Vin’S : Encore une fois, toi qui est dans le jugement bête et méchant, bah c’est toi la salope parce qu’en fait c’est ça, encore une fois, c’est comme celui qui est méchant et qui va se moquer, c’est toi le bouffon, en fait, à te moquer comme ça. C’est facile." Etouffée par son étreinte, rares sont celles qui portent plainte. Au final au tribunal, on dira qu’elle le voulait peut-être un peu. "
Vin’S : J’ai entendu bon nombre d’histoires qui n’ont jamais été jusqu’à la plainte, beaucoup, beaucoup, beaucoup… Je pense qu’entre le nombre de viols déjà qui sont mal jugés et qui finalement vont jusqu’au tribunal et que voilà : « Elle le voulait peut-être un peu ». Finalement, il y en a beaucoup des plaintes qui ne sont jamais déposées.

" Son homme l’a mis au pied du mur, cette nuit ce n’est pas ce dont elle rêvait, car le viol c’est pas que dans la rue, même en couple ça peut arriver. "

Vin’S : J’ai parlé avec un certain nombre de femmes dans ma vie et j’ai souvent entendu des choses qui étaient récurrentes et d’entendre cette récurrence chez autant de femmes je me suis dit : " Mais c’est pas possible, c’est pas possible que ce soit aussi grave et aussi silencieux comme souffrance. "

" Tu ne me crois pas viens voir les chiffres, la vérité secoue. Il y a plus de femmes qui tombent sous les coups que de maris qui tombent sous les écrous. "

Vin’S : Une femme meure sous les coups de son mari tous les trois jours, si je ne dis pas de bêtise, c’est ça les chiffres. Donc y’a un moment, c’est une réalité c’est tout. Le morceau conclut : " Donc oui j’ai peur qui ma fille trime dans un monde voudra l’objetiser, monétiser son corps jusqu’à le mettre en vitrine. Ici être une femme est un combat. Et si leur courage m’empêche de dire le mot victime, sache qu’on est tous un peu coupables. "

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