La polémique autour de la campagne publicitaire Saint Laurent en quatre actes

Une des affiches Yves Saint Laurent prise pour cible, à Paris, le 8 mars 2017.
Une des affiches Yves Saint Laurent prise pour cible, à Paris, le 8 mars 2017. (VSPRESS/SIPA / )

La campagne de publicité de la maison de haute couture Saint Laurent, accusée de sexisme, a finalement été retirée. Retour sur la polémique.

"Dégradantes" et "choquantes". La campagne de publicité de l'entreprise de mode Saint Laurent, accusée de sexisme, a finalement été retirée des panneaux publicitaires parisiens, dans la nuit de mercredi à jeudi 8 mars.

Franceinfo revient sur cette polémique en quatre actes.

1La campagne de publicité est diffusée

Une publicité de la marque Yves Saint Laurent, le 6 mars 2017, sur les Champs-Elysées, à Paris.
Une publicité de la marque Yves Saint Laurent, le 6 mars 2017, sur les Champs-Elysées, à Paris. (ERIC FEFERBERG / AFP)

Deux affiches de la nouvelle campagne publicitaire Saint Laurent ont été diffusées à l'occasion de la semaine de la mode, du 28 février au 7 mars. Mais à deux jours de la Journée internationale des droits des femmes, les affiches ont provoqué un tollé. Si la campagne comportait au total 250 panneaux et quatre visuels, deux affiches en particulier ont créé la polémique. Sur l'une d'elles, une femme apparaît jambes écartées, en talons et collants résilles. Sur l'autre, une jeune femme très amaigrie, sur talons aiguilles et patins à roulettes, est penchée sur un tabouret dans une position explicite.

2Des plaintes sont déposées

Mardi, l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) a reçu "120 plaintes pour de multiples motifs", selon son directeur général, Stéphane Martin. "Images dégradantes", "femmes-objets", "valorisation de l'anorexie" et "même incitation au viol, avec la notion des jambes écartées", a-t-il énuméré.

Chargée d'appliquer les règles d'éthique de la profession, l'institution avait de son côté jugé "dégradantes" ces affiches, puis avait sommé mardi Saint Laurent de les retirer au plus vite.

3Plusieurs collectifs féministes demandent son retrait

De nombreuses voix se sont élevées contre cette campagne de publicité. Pour Eva Darlan, féministe engagée et à l'origine du comité de soutien à Jacqueline Sauvage, il s'agit d'une "incitation à l’anorexie, voire une invitation au viol". "Il faut absolument que ces affiches soient retirées, a-t-elle ajoutée à franceinfo. S’il le faut, on ira les dégrader avec des bombes de peintures."

Ces affiches-là peuvent créer des Jacqueline Sauvage.Eva Darlanà franceinfo

Mardi, un groupe de féministes issu du collectif Les effronté-e-s s'est rendu dans une boutique du groupe Yves Saint Laurent, place Saint-Sulpice, afin de manifester leur opposition au "sexisme décomplexé" de la campagne de publicité.

Des activistes manifestent devant un magasin Yves Saint-Laurent à Paris le 7 mars 2017.
Des activistes manifestent devant un magasin Yves Saint-Laurent à Paris le 7 mars 2017. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Le collectif a réclamé le retrait des affiches et l'établissement d'une "loi contre le sexisme". De nombreux collectifs féministes comme Les effronté-e-s, Stop Harcèlement de rue, Les chiennes de garde ou encore les Femen étaient signataires du tract distribué lors de l'action, soutenus aussi par le Parti communiste français et Europe Ecologie-Les Verts.

A la veille du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, la campagne a également été épinglée sur Twitter à travers le mot-clef #YSLRetireTaPubDégradante.

De son côté, la ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol, a demandé le "retrait" de la campagne publicitaire. "Je pense que cette publicité, elle a tous les défauts, tous, c'est-à-dire qu'elle met la femme dans une position humiliante, (...) elle montre une femme quasi anorexique", a-t-elle déploré jeudi sur France 2.

4La campagne est retirée

Les affiches ont finalement été retirées dans la nuit de mercredi à jeudi, a précisé à Stéphane Martin. En tout, 200 plaintes ont été déposées à l'ARPP.

Saint Laurent, propriété du groupe Kering qui détient également les marques Gucci ou Bottega Veneta, s'est refusé à tout commentaire.