La femme du jour. Laurence Fischer, triple championne du monde de karaté et engagée auprès des femmes

Laurence Fischer
Laurence Fischer (PEKKA SAKKI / LEHTIKUVA)

Chaque jour, Nathalie Bourrus raconte une femme. Un portrait, mais surtout une rencontre. Aujourd'hui, Laurence Fischer. 

Nom : Fischer. Prénom : Laurence. Âge : 45 ans. Métier : championne de karaté et fondatrice de l’association Fight For Dignity. Pourquoi elle ? Parce qu’elle participe au Global Women’s Forum, qui a démarré jeudi 15 novembre.

Une karatéka, trois fois championne du monde, qui pense que le corps peut sauver tout le reste. "Le corps, c’est un corps, et c’est tout, le corps, c’est la base. C’est la caisse de résonance du reste". Quand elle vous parle, Laurence Fischer a un sourire qui la quitte rarement. Elle décroche son premier titre mondial en 1998. Un an plus tard, elle obtient son premier titre européen. En parallèle, elle réussit le concours de l’Essec. Laurence Fischer a un énorme potentiel, et une grosse énergie. Comme le cri que l’on pousse en karaté, "le Ki Aï", me dit-elle. Il aide à puiser la force en soi.

Entre le sport, ses diplômes en économie et management, et son amour pour le théâtre, Laurence Fischer a décidé de voyager aussi. "En 2005, je me suis retrouvée à Kaboul, avec Play International (anciennement, Sport sans frontières). J’ai découvert des femmes dont le corps était devenu absent." La liberté que n’ont pas ces Afghanes s’incarne dans ce corps qui n’existe plus. Puis, ce sera le Congo, les rives du lac Kivu. Elle part enseigner le karaté aux femmes victimes de viols. Elle s’engage dans l’association Pazzi, connue grâce au désormais prix Nobel de la paix : le professeur Denis Mukwege.

Mais Laurence Fischer ne veut pas être "la championne qui se déplace une seule fois". Il y a deux ans, elle a donc fondé Fight For Dignity. Et tous les jeudis après-midi, à la maison des femmes de Saint-Denis, au nord de Paris, elle donne une séance à des femmes battues, violées ou maltraitées. "Rien que le fait de revêtir un kimono, leur redonne confiance. On a des exercices de toucher. Certaines les font, d’autres ne sont pas prêtes. En deuxième partie, je leur apprends à donner un coup de poing par exemple. Mais pas pour qu’elles se vengent sur quelqu’un, non. Pour qu’elles maîtrisent leur colère à travers un geste, pour qu’elle rendent la colère sereine." 

Un mot pour la définir ? Volontaire. Laurence Fischer ne gagne pas sa vie avec son association. Peu importe. Elle veut développer son idée, la dupliquer dans d’autres villes.

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