La femme du jour. Caroline de Haas, militante féministe

Caroline de Haas, la militante féministe, à Paris, le 3 mars 2016.
Caroline de Haas, la militante féministe, à Paris, le 3 mars 2016. (DOMINIQUE FAGET / AFP)

Chaque jour, Nathalie Bourrus raconte une femme. Un portrait, mais surtout une rencontre. Aujourd'hui, Caroline de Haas

Nom : de Haas. Prénom : Caroline. Âge : 38 ans. Métier : chef d’entreprise, militante féministe. Pourquoi elle ? Parce qu’elle a lancé, lundi 19 novembre, un manifeste. Il a été relayé sur France inter et Mediapart. Ce sont 250 personnalités qui ont signé une tribune et appellent à manifester samedi, avec le hashtag #JeMarcheLe24.

La femme du jour. Caroline de Haas par Nathalie Bourrus
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Nathalie Bourrus : J’arrive dans son bureau, aux grands voisins, un lieu collectif militant dans le 14eme arrondissement.

Ah mais, c’était pas dans une heure ?

Heu, non, je pense être a l’heure.

Ah oui, pardon, entrez entrez.

[Caroline de Haas est toujours assez pressée, et relativement fatiguée. Elle s’est levée très tôt, pour assurer le service après-vente de la tribune, celle dont je viens de vous parler. Et elle s’est levée tôt, parce que ses enfants ont 4 et 7 ans.] 

Mais cette semaine, c’est trop chargé, c’est mon mari qui s’occupe de tout.

[La bien bénie, Caroline de Haas. Comme je l’envie.]

Vous avez vu les tweets Gilets jaunes, a propos de la manif de samedi ?

[Quelques-uns. Elle sort son téléphone. Que dis-je ? Il est a un doigt d’elle.]

Ils nous traitent de bâtardes, de salopes !

[Certains utilisent sans doute le hashtag Gilets Jaunes, non ? ]

Peu importe !

[Elle s’emporte.]

C’est pire même d’utiliser un mouvement social ! De toute façon, c’est dur de mobiliser sur les femmes, très dur. Il y a toujours quelqu’un pour instaurer un doute.

[Et elle en sait quelque chose. Caroline de Haas, qui a démarré toute jeune à l’Unef, a commencé le féminisme, en signant une tribune de femmes violées. Une façon de se raconter, de se déclencher, et de se lancer dans le militantisme. Elle passera ensuite par des cabinets, comme chez Najat Vallaud-Belkacem quand elle était ministre des Droits des femmes. N’en pouvant plus de l’inertie, Caroline de Haas avait claqué la porte.]

C’est fini pour moi, ça. J’ai arrêté la politique, au sens les partis politiques. Je suis de gauche, et je vois pas du tout d’espoir actuellement avec les partis de gauche. Je suis à fond sur la défense des droits des femmes. Et aujourd’hui, je suis vraiment heureuse. Parce que ce n’était jamais arrivé, sur une manif pour les femmes, de rassembler autant. Ce n’est jamais arrivé dans l’histoire.

[Un mot pour la définir ? A fond. Quand je lui parle de zones grises dans le harcèlement ou le sexisme, elle s’insurge direct : " Il y a répétition du geste, ou pas. Et ensuite, ça vaut deux ans de prison. Il faut que toutes les femmes le sachent, et s’en servent."]

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