Les Soudanaises interdites de célébrer la Journée des droits des femmes

Trois soudanaises dans les rues de Khartoum, le 8 septembre 2009. 
Trois soudanaises dans les rues de Khartoum, le 8 septembre 2009.  (ASHRAF SHAZLY / AFP)

L'évènement avait pourtant eu lieu sans incidents chaque 8 mars ces huit dernières années.

Du Brésil à la Bulgarie en passant pas l'Afghanistan et le Liban : des femmes du monde entier se sont mobilisées à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, samedi 8 mars. Mais pas les Soudanaises. "Nous n'avons pas eu la permission", a déclaré dimanche 9 mars, Fahima Hashim, la directrice du centre Salam pour le droit des femmes. L'évènement avait pourtant eu lieu sans incidents chaque 8 mars ces huit dernières années.

Les autorités soudanaises ont en effet refusé d'autoriser un rassemblement à Khartoum. Le ministre de l'Information, Ahmed Bilal Osmane s'est expliqué en indiquant que les femmes soudanaises "peuvent faire ce qu'elles veulent... mais certaines d'entre elles veulent créer des problèmes à partir de rien". Selon lui, le Soudan est plus progressiste que d'autres pays dans la région, les femmes occupant environ 25% des postes politiques. "Les femmes au Soudan ont beaucoup de droits", a-t-il assuré.

A la dernière minute, les organisatrices ont été informées qu'elles avaient besoin d'une autorisation supplémentaire délivrée par la commission gouvernementale chargé des activités de bénévolat. Pour Fahima Hashim, il s'agit de manœuvres dilatoires. Sans pouvoir expliquer pourquoi son évènement avait été annulé, elle évoque toutefois le nombre de participantes attendues, supérieur à celui des années précédentes. Des expositions, des forums et des films étaient prévus, ainsi qu'une fête.