"C'est enfin mon tour" : en Arabie saoudite, les femmes peuvent désormais prendre le volant

Une Saoudienne au volant d\'une voiture sur le parking d\'un grand centre commercial à Riyad (Arabie saoudite), le 24 juin 2018.
Une Saoudienne au volant d'une voiture sur le parking d'un grand centre commercial à Riyad (Arabie saoudite), le 24 juin 2018. (RADIO FRANCE / ISABELLE LABEYRIE)

L'Arabie saoudite était le dernier pays au monde qui interdisait aux femmes de prendre le volant. Pour fêter l'entrée en vigueur de cette réforme historique, une poignée de conductrices et d'hommes se sont rassemblés sur le parking d'un centre commercial à Riyad.

Il est minuit et une minute, dimanche 24 juin. Nisreen boucle sa ceinture, enclenche sa première et embraye sur un nouveau droit : les Saoudiennes peuvent désormais conduire. L'Arabie saoudite était le dernier pays au monde qui interdisait aux femmes de prendre le volant. Alors pour célébrer l'entrée en vigueur dans le royaume ultraconservateur de cette réforme historique, elle tourne et retourne sur le parking de ce grand centre commercial de Riyad où une poignée de conductrices se sont rassemblées pour fêter ce moment.

Maintenant, je peux emmener mes enfants, ma famille n’importe où.Nisreenà franceinfo

Nisreen avait déjà un permis passé à l’étranger, elle l’a simplement échangé contre un titre saoudien. Pour autant, elle estime que "c'est enfin [s]on tour et [elle] veut vivre à fond cette avancée incroyable pour les femmes".

Soutenues par des hommes

Bras à travers le toit ouvrant de sa petite citadine, elle salue un groupe d’hommes venus observer avec bienveillance la ronde des conductrices. Robe blanche traditionnelle et foulard à damiers rouges sur le crâne Hassan explique être "d’accord avec cette mesure, parce que les femmes dépendaient trop des hommes". L'homme en habit traditionnel poursuit en se rappelant qu'auparavant, "où qu’elles aillent, elles avaient besoin de nous".

Toutefois, cette décision inspirée par le prince héritier Mohammed ben Salmane "ne va pas être facile à accepter pour certains", reconnaît Hassan, avant de glisser malicieusement qu'"ils vont devoir faire avec, c'est comme ça". D’ici 2020, environ trois millions de femmes pourraient décrocher leur permis et donc travailler, se déplacer, consommer plus facilement. Le royaume fait aussi de ce changement annoncé en septembre 2017 un argument économique.

En route pour un nouveau droit, celui de conduire - reportage d'Isabelle Labeyrie
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