Première saisie en France de 350 000 comprimés de captagon

Des comprimés de captagon confisqués à Sofia (Bulgarie), en 2007.
Des comprimés de captagon confisqués à Sofia (Bulgarie), en 2007. (NIKOLAY DOYCHINOV / REUTERS)

La valeur de la marchandise est estimée à près de 1,5 million d'euros sur le marché illicite de la revente de drogues.

C'est une première en France. Environ 135 kg de captagon ont été saisis en janvier et février à l'aéroport parisien de Roissy, ont annoncé les douanes françaises, mardi 30 mai. "Récemment présenté comme 'la drogue du conflit syrien', en raison des ravages qu'il cause dans ce pays, le captagon est un psychostimulant créé à la fin des années 50 et désormais principalement consommé au Moyen-Orient", rappellent les autorités dans un communiqué. 

Une saisie en deux temps

Les douaniers de Roissy-Charles-de-Gaulle en ont intercepté une première cargaison de 350 000 comprimés pour un poids total de 70 kg le 4 janvier, en contrôlant des moules industriels en provenance du Liban et à destination de la République tchèque. "Une coopération avec les autorités allemandes et tchèques est alors mise en place (...) dans le but d'identifier les destinataires en République tchèque, expliquent les douanes. Il s'avère que la cargaison est en réalité destinée à l'Arabie saoudite, en passant par la Turquie."

Le 22 février, les agents saisissent 67 kg de comprimés de captagon dissimulés de la même façon, dans les parois des moules en acier. "Selon les analyses réalisées en laboratoire, les comprimés sur lesquels sont inscrits les 2 'C' caractéristiques du captagon contiennent de l'amphétamine et de la théophyline", précisent les douanes dans leur communiqué. La valeur de la marchandise est estimée à près de 1,5 million d'euros sur le marché illicite de la revente de drogues.

Considéré à tort comme la drogue des jihadistes 

Le captagon est régulièrement appelé "la drogue des jihadistes", alors que rien ne confirme qu'il soit consommé par les combattants de l'Etat islamique. Selon le spécialiste de l'organisation jihadiste Romain Caillet, interrogé par franceinfo en 2015, "il est possible qu'il y ait des cas isolés, que des combattants de l'Etat islamique se droguent à tel ou tel moment, mais, partout, ça m'étonnerait". Il rappelle que ce serait contraire aux préceptes du groupe.

L'Etat islamique est contre l'usage des drogues. Certains ont été châtiés pour avoir fumé une simple cigarette.Romain Cailletà franceinfo

Ce qui est en revanche certain, c'est que le chaos en Syrie a donné une formidable impulsion à la fabrication et au trafic de cette drogue très prisée au Moyen-Orient.