A Paris, sept pharmacies sur dix ne délivrent pas les substituts à l'héroïne prescrits aux ex-toxicomanes, selon un testing

De la méthadone, un substitut à l\'héroïne, dans une pharmacie d\'Auxi-le-Château (Pas-de-Calais). 
De la méthadone, un substitut à l'héroïne, dans une pharmacie d'Auxi-le-Château (Pas-de-Calais).  (PASCAL BACHELET / AFP)

L'Association des usagers de drogues (Asud) a testé 115 pharmacies pour cette étude, révélée par "Le Parisien".

A Paris, les anciens toxicomanes peinent à se procurer leurs doses de méthadone ou de subutex. C'est ce que montre cette opération de testing menée par l'Association des usagers de drogues (Asud) auprès de 115 pharmacies de la capitale et révélée par Le Parisien, vendredi 2 novembre. D'après l'étude, 70% des officines ne délivrent pas les substituts prescrits par des médecins pour soigner les toxicomanes. "Une pratique totalement illégale", selon le journal. 

Certaines pharmacies l'indiquent même avec des affiches en vitrine. "Il y avait un trafic de fausses ordonnances, affirme au Parisien, sous couvert d’anonymat, un de ces pharmaciens. On était envahis de voyous. On a donc mis ce message, ce qui a permis d’assainir la clientèle. Mais après, on aurait dû l’enlever. C’est vrai que c’était maladroit.

Ces substituts, prescrits par des médecins, permettent aux toxicomanes de ne pas souffrir du manque et donc de ne pas replonger dans l'héroïne. Trois plaintes ont été déposées par un centre de soin en addictologie contre les pharmacies qui affichent sur leur refus de délivrer du Subutex. "C’est insupportable. Ces pharmaciens vont passer devant le conseil de l’ordre. La sanction tombera en fin d’année. Elle peut aller jusqu’à l’interdiction d’exercer", explique au Parisien Martial Fraysse, président de l’Ordre des pharmaciens d’Ile-de-France.

Vous êtes à nouveau en ligne