"Donner à manger au monde est notre raison d'être"

Michel Vagner, jeune agriculteur en Moselle
Michel Vagner, jeune agriculteur en Moselle (© Photo Ange Herrero Lucas)

Michel, 28 ans, agriculteur en céréales, élevage et transformation (charcuterie)à Marange-Zondrange en Moselle.

Michel, 28 ans, agriculteur en céréales, élevage et transformation (charcuterie)à Marange-Zondrange en Moselle.Michel, 28 ans, agriculteur en céréales, élevage et transformation (charcuterie)à Marange-Zondrange en Moselle.

Installé depuis 2005 dans la ferme familiale, Michel a fait des études de chimie. Suite à une expérience chez Total qui lui a déplu, une opportunité se présente et il s'engage à la ferme par "passion du métier".

Il est venu au Salon pour promouvoir et dépoussiérer l'image de son métier par le biais de l'opération "Demain je serai paysan!".

Qu'est-ce qui te motive dans ton métier?
Contrairement à l'image du bouseux trop répandue, dans les médias notamment, les agriculteurs d'aujourd'hui ont la même vie que n'importe quel jeune. Mais c'est dur de lutter contre les idées reçues des gens. C'est dommage. J'ai un métier très vaste: élevage, céréales, transformation de produits... c'est vraiment diversifié et en contact avec la nature. Avant on travaillait la terre pour sa famille. Aujourd'hui c'est une véritable entreprise. On fait de la gestion, de la vente de produits et de la communication, et tout cela en plus du pur travail agricole. Il ne faut donc pas avoir peur de la charge de travail, d'une rémunération parfois faible et de la solitude.

Quelle utilisation as-tu d'Internet?


J'utilise internet tous les jours. D'abord pour m'informer car là où je suis je ne reçois qu'RTL à la radio. Cela m'est également utile pour consulter la météo, paramètre dont j'ai besoin pour mon travail. J'utilise également un logiciel qui s'appelle Explor pour enregistrer toutes mes interventions dans les champs.

J'ai aussi le logiciel sur mon portable, comme la météo. D'ailleurs, c'est pas facile d'avoir des mains comme les miennes pour utiliser un portable comme ça! On n'est pas obligé de passer par ce genre d'outils mais c'est très pratique et ça fait gagner du temps. Je travaille aussi sur un site que j'aimerais monter cette année pour présenter mon travail et préciser les choses pour le grand public.

Quelles autres innovations techniques utilises-tu?
Tout a beaucoup évolué. On ne peut par exemple quasiment plus toucher aux nouveaux tracteurs quand il y a une panne. Tout est électronique. Les moteurs aussi sont plus évolués. Plus évolués que ceux des voitures d'ailleurs. On a des transmissions à variation continue qui gère automatiquement les vitesses selon les travaux à réaliser. Ces moteurs permettent de consommer moins et donc de polluer moins. Ils sont également très confortables car des rembourages protègent les lombaires. Dans le temps il ne pensait pas ergonomie, du coup on a aujourd'hui des agriculteurs avec des hernies discales.

Désormais on réfléchit avant de travailler. On ne fait pas d'efforts inutiles parce qu'on a les outils pour. La charge physique est ainsi réduite, mais ça nous fait plus de travail et au bout du compte on ne gagne pas beaucoup de temps. Car s'il faut bien gagner sa vie mon but est avant tout de me libérer du temps pour ma vie privée. Cela me permet de partir en voyage pour voir comment on travaille à l'étranger et ainsi progresser dans mon travail. Je pars d'ailleurs à New-York en avril, même s'il n'y a pas beaucoup de fermes là-bas (rires), car j'espère pouvoir exporter un jour mes produits. A l'étranger les produits français ont beaucoup de succès. Au Japon par exemple un kilo de saucisson fumé à 11€ peut être vendu 50 à 60 €.

Et l'écologie, qu'en penses-tu?
C'est un phénomène à la mode je pense. Mais concrètement on a toujours été respectueux de l'environnement. On nous accuse de polluer la terre, mais c'est un passage obligé et de toute façon on n'est pas là pour tout saccager. L'Union européenne va nous baisser le taux de produits phytosanitaires, mais le problème c'est que la population n'arrête pas de croître. Moi je suis pour la recherche sur les OGM car on a du retard sur les autres pays comme les Etats-Unis.

Que dirais-tu aux jeunes pour leur donner envie de devenir agriculteur comme toi?
Il faut se lancer même si c'est pas idyllique. C'est un métier passionnant qui vaut vraiment le coup. Le monde aura toujours besoin d'agriculteurs pour produire et donner à manger. C'est notre raison d'être.

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