Désunion syndicale pour la Fête du Travail

(Nathanaël Charbonnier Radio France)

Divisés sur l'accord emploi, les syndicats fêteront cette année le 1er mai dans la désunion. La CGT, opposée au texte manifestera avec ses alliés partout en France, la CFDT organisera avec deux autres centrales réformistes un rassemblement inédit à Reims. FO fera cavalier seul au Mur des fédérés à Paris. Bernard Vivier, directeur de l'Institut supérieur du travail, décrypte pour France Info la mésentente syndicale autour de la Fête du Travail.

Le projet de loi sur la
sécurisation de l'emploi
, qui sera définitivement adopté au Parlement le 14 mai,
a eu raison de l'unité de la CGT et de la CFDT, qui durant cinq ans, sous l'ère
Sarkozy, ont défilé ensemble à la Fête du Travail. Les deux syndicats se sont fortement opposés sur le sujet, la CGT rejetant le texte, la CFDT le votant. L aurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, n'a pas apprécié
les propos tenus à son encontre au congrès de la CGT à Toulouse. D'où le refus opposé à l'invitation du leader de la CGT Thierry Lepaon de défiler ensemble encore cette année.

Conséquence : les défilés du 1er mai se feront en ordre dispersé. D'un côté, la CFDT et l'Unsa avec un meeting en présence de Laurent Berger à Reims. Et de l'autre la CGT aux côtés de la FSU et de Solidaires. A Paris, la manifestation se tiendra de la place de la Bastille à celle de la Nation. D'autres sont organisées dans toute la France. Enfin, FO se rassemblera comme d'habitude au mur des Fédérés au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

"En général les 1er mai se font plutôt en ordre dispersé"

Toutefois Bernard Vivier tient à relativiser cette division : "La Fête du Travail est assez
fédératrice en général mais ce n'est pas toujours le cas. A part une dizaine
d'années où CGT et CFDT ont défilé de manière unitaire, en général les 1er mai se font plutôt en ordre dispersé
".

"Nous avons une culture du conflit beaucoup plus développée que dans d'autres pays" (Bernard Vivier)

En revanche
le directeur de l'Institut supérieur du travail reconnaît que "cet accord signe
un véritable clivage dans les organisations syndicales, entre un syndicalisme
de négociation et un syndicalisme de rupture et de contestation. C'est un fait,
en France nous avons une culture du conflit beaucoup plus développée que dans
d'autres pays même si on fait trois fois moins de grèves aujourd'hui qu'il y a
trente ans
".

Ce 1er
mai contrastera avec celui de 2012 où, à cinq jours du
second tour de la présidentielle, des centaines de milliers de salariés
(entre 300.000 et 750.000) étaient descendus dans la rue pour dire non à
Nicolas Sarkozy. "Ma crainte c'est que le Front national mobilise plus que
les syndicats de salariés ce 1er mai
,"
s'est inquiété, selon Le Monde , le numéro un de la CGT, Thierry Lepaon, en
allusion au rassemblement des partisans de Marine Le Pen.

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