Des sous contre l'absentéisme scolaire

Six classes de trois lycées professionnels recevront jusqu'à 10.000 euros si les élèves sont présents

Six classes de trois lycées professionnels recevront jusqu'à 10.000 euros si les élèves sont présentsSix classes de trois lycées professionnels recevront jusqu'à 10.000 euros si les élèves sont présents

Si le contrat est rempli, la cagnotte sera redistribuée aux élèves sous la forme de projets, par exemple un voyage ou le paiement de leçons de code de la route, rapporte vendredi Le Parisien.

Etablissements concernés: les lycées Lino-Ventura à Ozoir-la-Ferrière, Gabriel-Péri à Champigny (Val-de-Marne), Alfred-Costes à Bobigny (Seine-St-Denis).

L'expérience va durer un an. Si elle est concluante, elle pourrait être étendue à la moitié des établissements professionnels de l'académie de Créteil.

Pour le recteur de l'académie de Créteil, à l'origine de cette initiative, "il s'agit de lutter contre l'absentéisme, un véritable fléau pour l'enseignement professionnel". "On veut responsabiliser les jeunes, en leur disant que la réalisation de projets qui les intéresse est conditionnée par leur présence et leur implication dans l'établissement", explique-t-il dans Le Parisien.

Réactions
Pour le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, il ne s'agit pas de payer les élèves mais de "financer un projet collectif. "On expérimente parce que ce qu'on veut, c'est gagner la bataille contre l'absentéisme scolaire", a déclaré le ministre sur France Info.

Le professeur en sciences de l'Education Philippe Meirieu, qui y est "radicalement opposé", qualifie le projet d'"éducation bancaire". Comme il est opposé aux "parents qui fixent l'argent au prorata des résultats scolaires". "Je n'ai pas la solution magique, mais celle-ci me paraît une facilité", ajoute-t-il dans Le Parisien.

La principale fédération de parents d'élève FCPE (gauche): "cette initiative va à l'encontre de tout ce qui devrait être fait". Elle dénonce "les causes de l'absentéisme des élèves en lycée professionnel: orientation et affectation non choisies, affectation dans un établissement éloigné du domicile, nécessité de se salarier, emplois du temps mal construits, et parfois, manque de sens des enseignements".

L'autre grande fédération de parents, la PEEP (droite), se dit "très réservée" "et même un peu inquiète". "C'est mettre la main dans un engrenage, on commence avec les bons points à l'école maternelle, et on finit par les billets au lycée?", poursuit la PEEP qui s'interroge sur l'"efficacité" du dispositif: les élèves "vont peut-être venir à l'école, mais vont-ils travailler?".

Le SNALC-CSEN, syndicat des enseignants du secondaire: "La carotte sans le bâton: prendrait-on les élèves pour des ânes?". "Les élèves ont besoin d'être instruits, pas d'être achetés", poursuit le syndicat, classé à droite, qui y voit "une provocation supplémentaire à l'égard des professeurs dont on négocie actuellement la revalorisation".

Pour le FN, il s'agit de la "dernière bouffonnerie" de Nicolas Sarkozy.