L'Assemblée nationale rejette l'allongement d'un congé de cinq à douze jours après la mort d'un enfant

Les députés à l\'Assemblée nationale, à Paris, le 14 janvier 2020.
Les députés à l'Assemblée nationale, à Paris, le 14 janvier 2020. (LUDOVIC MARIN / AFP)

La mesure n'a été rejetée, jeudi, que par 40 voix contre 38.

L'Assemblée nationale a autorisé, jeudi 30 janvier, le don de RTT en cas de mort d'un enfant. Mais les députés ont rejeté la proposition initiale du groupe UDI-Agir d'instaurer un congé de deuil de douze jours plutôt que cinq. Cet allongement n'a été rejeté que par 40 voix contre 38.

Le texte du groupe centriste avait été adopté en commission la semaine précédente, mais sans cette mesure phare. Le rapporteur, Guy Bricout (UDI-Agir), a tenté dans l'hémicycle de revenir au texte initial, arguant que cinq jours, ce n'était "pas à la hauteur" pour "reprendre pied" après la mort d'un enfant et en appelant à l'"humanité" de ses collègues. Il a rappelé que chaque année en France, 4 500 enfants meurent avant d'avoir atteint la majorité.

En réponse, Sereine Mauborgne (LREM) a défendu la "possibilité pour l'employeur de créer un compte de don". La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a également mis en avant un "élan de solidarité" avec le don de RTT pour un collègue endeuillé.

Majorité "mesquine", dénonce l'opposition

Mais les oppositions sont montées au créneau, disant leur "honte" du refus de la majorité d'étendre le congé, à l'instar de Pierre Cordier (apparenté LR). "On parle de la tragédie des tragédies", "douze jours, je pensais que ça passerait comme une lettre à la poste", a lancé l'"insoumis" François Ruffin, dénonçant une majorité "mesquine".

C'est une conception de la solidarité nationale "qui m'échappe", a encore jugé Moetai Brotherson, membre du groupe à majorité PCF, tandis que l'ex-LREM Agnès Thill a raillé "une humanité à géométrie variable" chez ses ex-collègues.

Jean-Christophe Lagarde (UDI-Agir) a dit son "incompréhension", estimant que ce congé devait être "pris en charge par la nation" et pas renvoyé à des dons entre collègues. La ministre du Travail lui a répondu que le texte centriste tel que rédigé ne reposait pas sur la solidarité nationale, mais sur un congé "payé 100% par l'entreprise""Quand on s'achète de la générosité à bon prix sur le dos des entreprises, c'est quand même un peu facile", a renchéri Sereine Mauborgne, suscitant de très vives protestations dans l'hémicycle.

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