VIDEO. Trente ans après, que reste-t-il de la Marche des Beurs ?

MANUEL TISSIER, THIERRY BRETON / FRANCE 2

Des figures de ce mouvement reviennent, devant les caméras de France 2, sur son influence.

Le 15 octobre 1983, sur fond de tensions entre jeunes des cités et policiers, une trentaine d'enfants d'immigrés et de militants antiracistes quittaient Marseille (Bouches-du-Rhône) pour réclamer l'égalité des droits. Deux mois et un millier de kilomètres plus tard, les participants de ce qui était devenu la Marche des Beurs étaient accueillis à Paris par 100 000 personnes.

Trente ans après, que reste-t-il de cette mobilisation ? France 2 a posé la question à ceux qui en faisaient partie. "On a initié un mouvement qui était un élan du cœur", juge ainsi Fatima Mehallel, qui avait pris la route dès le premier jour, alors qu'elle était âgée de 24 ans. "Je crois qu'on a fait quelque chose d'intéressant sur le chemin de l'égalité des droits et de la lutte contre le racisme. Et c'est une lutte qui n'est pas finie !", estime pour sa part Farid L'Haoua, qui avait photographié cette épopée. 

Une autre figure du mouvement, le père Christian Delorme, à l'époque curé dans le quartier des Minguettes de Vénissieux (Rhône), juge enfin que c'est le caractère inédit de la mobilisation qui a frappé les esprits. "Si on en parle 30 ans après, c'est parce qu'il s'agissait de la première expression publique et collective des jeunes issus de notre ancien empire colonial", explique-t-il. "Ils tendaient la main en disant 'Nous appartenons à la France ! Nous sommes Français comme vous !'."

Vous êtes à nouveau en ligne