Chauffage : "On a du mal à quitter le fioul" malgré son prix car "c'est une énergie stockable"

Un livreur de fioul à Flexicourt, en Picardie.
Un livreur de fioul à Flexicourt, en Picardie. (FRED HASLIN / MAXPPP)

Frédéric Plan, délégué général de la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage, revient sur franceinfo sur l'augmentation du prix du fioul.

Alors que le prix du litre de fioul domestique atteint un euro environ et que le froid vient d'arriver sur la France, Frédéric Plan, délégué général de la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage (FF3C), a expliqué lundi 29 octobre sur franceinfo qu'"on a du mal à quitter le fioul domestique pour une raison simple : c'est une énergie stockable, on l'utilise quand on le veut".

franceinfo : La facture de fioul domestique atteint-elle des sommets en ce moment ?

Frédéric Plan : Ce sont des sommets dans la mesure où la facture de chauffage coûte toujours trop cher, quels que soient le dispositif et l'énergie. Cependant, ce n'est pas tout à fait une nouveauté. Dans les années 2011 à 2013, on a connu des prix au moins aussi importants, voire légèrement plus. La grande différence entre cette période et aujourd'hui, c'est qu'à l'époque, la fiscalité représentait moins de 25% du prix, aujourd'hui c'est plus du tiers. Ce sont les deux explications : augmentation du prix du pétrole et hausse de la fiscalité.

Comment les consommateurs s'adaptent-ils ?

Les mois de novembre, décembre et janvier sont des mois où les livraisons sont fortes. 700 000 mètres cube chaque mois, parfois jusqu'à 900 000 mètres cube à livrer par les entreprises. Alors effectivement le consommateur adapte sa stratégie par rapport à des prix plus hauts. En clair, quand les prix sont sympathiques, c'est-à-dire aux alentours de 70 centimes du litre, on a observé une qualité de chauffage supérieure, les gens se chauffent mieux et plus. Quand les prix sont plus élevés, comme c'est le cas aujourd'hui, autour d'un euro, très clairement les gens économisent, ils baissent la température de leur logement, ils consomment moins. Il y a de toute façon des moindres consommations depuis des années parce que cela baisse de 5% chaque année sous l'effet des économies d'énergie, enfin des travaux d'économie d'énergie. Et puis enfin sur la livraison, ils ont effectivement tendance à vouloir payer de façon fractionnée mais en fractionnant les commandes. C'est-à-dire que la livraison à l'unité en moyenne est inférieure à 1 000 litres.

Vaut-il mieux commander du fioul l'été ?

Pour la question des prix, non, ce n'est pas forcément une bonne chose. On a connu des années où les prix d'été étaient plus élevés que ceux d'hiver. Par contre, venir faire son plein par exemple fin décembre, au moment où les consommateurs se disent "tiens la taxe va encore augmenter, il faut que je me dépêche", où les professionnels par exemple de l'ensemble des entreprises du bâtiment vont chercher à commander du gazole non routier, qu'ils n'auront plus le droit d'utiliser au 1er janvier 2019, alors ça vous crée évidement un engorgement, un embouteillage. Vous avez forcément des délais de livraison et puis des prix un peu plus élevés.

Faut-il passer à une autre énergie ?

Il y a beaucoup de travaux d'économies d'énergie, plutôt portés sur l'isolation, parce que, contrairement à ce que certains responsables politiques énoncent, on a du mal à quitter le fioul domestique pour une raison simple : c'est une énergie stockable, on l'utilise quand on le veut. En regard, elle coûte beaucoup moins cher que d'autres. Finalement, il n'y a que le gaz en réseau qui est un peu moins cher aujourd'hui et de très peu. C'est en fait assez difficile de s'en défaire. Mais par contre, ce qui pourrait être fait intelligemment ce serait – et on verra la sincérité gouvernementale dans très peu de semaines – de porter à 10% la partie renouvelable du fioul domestique, puis à 30%, et ne pas fiscaliser ces parties renouvelables.

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