"C'est bien de faire visiter un quartier qui a une réputation d'enfer" : en Seine-Saint-Denis, des habitants sont guides bénévoles

Des habitants de Seine-Saint-Denis proposent aux touristes de leur faire bénévolement visiter Pantin. Photo d\'illustration. 
Des habitants de Seine-Saint-Denis proposent aux touristes de leur faire bénévolement visiter Pantin. Photo d'illustration.  (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Des habitants de Seine-Saint-Denis proposent aux touristes de leur faire visiter bénévolement leur ville. L'initiative vise à casser les clichés sur le département francilien.

Visiter sa région ou découvrir une ville à travers les yeux de ses habitants devient accessible pour tous grâce aux "greeters", ces riverains qui font visiter bénévolement leur quartier à des touristes.  Il s'agit, pour eux, de redorer l'image de certains départements, comme celui de la Seine-Saint-Denis, comparée à Bagdad et considérée comme une "no-go-zone" ("zones où ne pas aller") par la chaîne américaine Fox News en 2015. Les habitants y organisent des balades de deux heures pour changer l'image de cette banlieue du nord de Paris.

"Il n'y a pas de grands monuments à visiter !"

Ainsi, à la sortie du métro des Quatre-Chemins, Bernard, un habitant, raconte les secrets de Pantin et d'Aubervilliers. "Ici, on a à peu près un siècle et demi d'architectures différentes", dit-il en désignant les lieux. Au programme : visite d'une partie de Pantin, passage dans le haut du 19e arrondissement avant de remonter en Seine-Saint-Denis. "Je vous le dis tout de suite, à Pantin, il n'y a pas de grands monuments à visiter. C'est un lieu ouvrier", explique Bernard à Nadine, 62 ans, sa touriste du jour avec qui il échange pendant deux heures, entre visite guidée et conversation. 

Des anecdotes vécues par les guides

Depuis bientôt dix ans, Bernard est un bénévole qui aime partager son amour d'Aubervilliers. "Ce n'est pas le côté 'savoir' qui est important, c'est le côté 'je vis ici'. C'est pour ça qu'on a des anecdotes à raconter", justifie-t-il. En effet, la balade est certes touristique mais surtout personnelle. "Il y a une grosse production de jardins ouvriers. Mon beau-père a bêché là-bas et mon épouse y allait quand elle était toute petite pour pique-niquer dans les jardins ouvriers", raconte par exemple Bernard à Nadine. Pouvoir bénéficier d'une visite plus "intime", c'est ce qui a séduit Nadine pour sa toute première visite avec les guides bénévoles.

Cette façon de présenter les choses et de rencontrer des gens qui connaissent leurs quartiers est très intéressanteNadine, touriste de 62 ansà franceinfo

La visite n'est pas uniquement constituée d'anecdotes. Pour pouvoir montrer les atouts de cette partie de la Seine-Saint-Denis, Bernard, ancien instituteur, s'est longuement préparé. "J'ai lu des comptes-rendus et je suis allée sur Internet pour chercher des documents."  

Combattre les clichés sur la Seine-Saint-Denis

Ces visites guidées organisées par des habitants sont l'occasion de combattre les clichés qui collent à la peau de la Seine-Saint-Denis. "C'est bien de faire visiter un quartier qui a une réputation d'enfer. Les a priori, c'est terrible...", lâche Bernard. Cette possibilité de sortir des sentiers battus a incité Nadine à venir. "La démarche n'était pas de dire 'Je vais dans le 93'. Je voulais voir autre chose et apprendre sur ce quartier qui a aussi une histoire et une architecture. C'est ce qui m'intéressait." 

"C'est bien de faire visiter un quartier qui a une réputation d'enfer" : en Seine-Saint-Denis, des habitants sont guides bénévoles
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