Profanation du cimetière juif de Westhoffen : le président du consistoire israélite du Bas-Rhin se dit "écœuré"

Le cimetière de Westhoffen en Alsace, le 3 décembre 2019. 
Le cimetière de Westhoffen en Alsace, le 3 décembre 2019.  (DAVID GEISS / MAXPPP)

Maurice Dahan a réagi à la profanation de ce cimetière chez nos confrères de France Bleu Alsace. 

Maurice Dahan, le président du consistoire israélite du Bas-Rhin, invité de France Bleu Alsace mercredi 4 décembre, s'est dit "écœuré, indigné" et dans l’"incompréhension", au lendemain de la profanation de 107 tombes au cimetière juif de Westhoffen, un village de 1 600 habitants près de Strasbourg (Bas-Rhin).

L'Alsace "a un problème avec l'antisémitisme"

"Je ne sais pas pourquoi personne ne voit jamais rien, n'entend jamais rien. Je ne parle pas de complicité, je parle d'un éveil, d'une demande d'éveil de conscience à la vigilance", poursuit Maurice Dahan. "Ce n'est pas possible qu'un chien n’ait pas aboyé quand ce malfrat commettait son exaction. On est au cœur de Westhoffen, il y a des terrasses, des balcons qui donnent sur le cimetière", explique-t-il.

"Si l’Alsace n’est pas antisémite, elle a malgré tout un problème avec l’antisémitisme", affirme le président du consistoire israélite du Bas-Rhin. En février dernier, plus de 90 stèles marquées de croix gammées avaient été profanées au cimetière de Quatzenheim. Emmanuel Macron avait d’ailleurs fait le déplacement. 

Des caméras dans les cimetières

Face à cette montée de l’antisémitisme, un réseau de veilleurs effectue des rondes dans les cimetières juifs des deux départements alsaciens, Haut-Rhin et Bas-Rhin. Le président du consistoire israélite du Bas-Rhin, qui s'opposait jusque-là à l'installation de caméras de vidéosurveillance dans les cimetières "parce que je me disais que si on doit surveiller les morts, on touche le fond", a finalement changé d'avis. Après ce nouvel acte, il estime qu’il va falloir en rajouter, "parce que ces gens-là veulent atteindre les juifs par leur mémoire et par leurs défunts. Je veux qu’ils sachent qu’ils n’y arriveront pas. On restera debout et on les pourchassera aussi longtemps que possible, on fera tout pour que les gendarmes les retrouvent".

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