"Alerte élus homophobes" : les Jeunes Socialistes accusés de délation

(Autre)

L'initiative du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS), qui propose sur son site internet de signaler les dérapages homophobes des élus, fait réagir l'opposition.

En plein débat sur le projet gouvernemental de mariage
pour tous, l'initiative fait grincer des dents.

Le Mouvement des Jeunes Socialistes a mis en ligne il y a
quelques jours sur son site internet une carte de France. Sur celle-ci, de
petits personnages noirs ceints d'une écharpe tricolore. Ils sont censés
représenter chaque élu coupable aux yeux des membres du MJS d'un dérapage
homophobe. Les internautes sont appelés à participer, en signalant via un
formulaire toute petite phrase suspecte.

A voir > La carte de France des propos homophobes

Baptisé "Alerte élus homophobes", le coup de
communication fait beaucoup réagir à droite, par exemple à l'UMP. Le président
des Jeunes Actifs de l'UMP, Franck Allisio, écrivait jeudi matin sur un
communiqué de presse :

" Je demande à  Harlem Désir, Premier Secrétaire du Parti
Socialiste, de condamner fermement l'initiative [...] qui constitue une véritable
incitation à la haine et la délation. "

Dans ce communiqué, il rappelle que les Jeunes Socialistes
avaient déjà en 2011 dénoncé "l'homophobie d'Etat", évoquant
également une affiche qui avait beaucoup fait parler quelques mois plus tôt,
comparant Nicolas Sarkozy à Adolf Hitler.

Autre réaction, celle de Christine Boutin, la présidente du
Parti Chrétien Démocrate, qui apparaît sur la fameuse carte pour des propos ("Il
est vraisemblable que si on accepte le mariage homosexuel, on sera amené dans
les années à venir à accepter la polygamie en France")
tenus lors d'une
interview le 4 octobre dernier. Très engagée contre le projet de mariage
pour tous, elle s'était déjà plainte il y a quelques jours d'être la
cible de "messages haineux" sur le réseau social Twitter. Elle
demande aux Jeunes Socialistes de retirer leur carte.

Hors de question, répondent le MJS et son président Thierry Marchal-Back, qui assume son initiative, à tel point que le Parti Socialiste n'en
avait même pas été informé.