Affaire Robert Boulin : quarante ans après la mort mystérieuse du ministre, des journalistes demandent à Emmanuel Macron l'ouverture des archives

Des journalistes filment l\'étang de la forêt de Rambouillet (Yvelines) où a été découvert le corps de Robert Boulin, le 30 octobre 1979.
Des journalistes filment l'étang de la forêt de Rambouillet (Yvelines) où a été découvert le corps de Robert Boulin, le 30 octobre 1979. (MICHEL CLEMENT / AFP)

Ces journalistes, qui ont tous travaillé sur l'affaire, affirment qu'il s'agit de "la liquidation d'un ministre en exercice, grossièrement maquillée en suicide".

Au sein de la profession, la démarche est rare. Dans une lettre ouverte, publiée jeudi 31 octobre, quatorze journalistes ayant travaillé sur la mort de l'ancien ministre Robert Boulin demandent à Emmanuel Macron l'ouverture des archives des services de renseignement français concernant cette affaire qui, jugent-ils, "empoisonne et déshonore la vie politique et civique de notre pays", quarante ans plus tard.

Le 30 octobre 1979, le ministre du Travail de Valéry Giscard d'Estaing, Robert Boulin, était retrouvé mort dans un étang de la forêt de Rambouillet, à 59 ans. Cette affaire avait initialement été classée comme un suicide avant qu'une enquête ne soit ouverte à la suite d'une plainte de la famille en 1983. Cette dernière s'est conclue par un non-lieu en 1991. En 2015, la justice a décidé de rouvrir le dossier pour "enlèvement" et "assassinat".

"La liquidation d'un ministre (...) maquillée en suicide"

La présentatrice de "Cash Investigation" et "Envoyé spécial", Elise Lucet, et le journaliste de Radio France Benoît Collombat, font partie des quatorze signataires de la lettre adressée à Emmanuel Macron.

Dans leur texte, ils dénoncent les "mystifications entourant cette affaire, les graves lacunes de l'enquête et de la procédure qui entachent les circonstances de cette disparition" et estiment qu'il s'agit en réalité de "la liquidation d'un ministre en exercice, grossièrement maquillée en suicide".

Le chef de l'Etat a "la possibilité, historique, de faire en sorte que les Services français ouvrent leurs archives sur cette part obscure de notre Ve République", poursuit cette lettre ouverte. Le texte réclame aussi qu'il fasse pression sur son homologue américain Donald Trump pour obtenir "la déclassification des éléments détenus par les Services secrets des Etats-Unis". Le dossier de la CIA sur l'affaire n'a jamais été rendu public.

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