Le gouvernement lance un plan de lutte contre les drogues et les addictions

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La Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt) a dévoilé jeudi son plan de lutte contre les drogues et les addictions. Il doit permettre de mieux prévenir les consommations addictives des jeunes et de renforcer la lutte contre les trafics.

En 2010, 3,8 millions de Français ont eu une consommation à risques d'alcool, 11,8 millions ont fumé du tabac quotidiennement, 1,2 million de personnes ont consommé régulièrement du cannabis (au moins dix fois par mois) et 400.000 ont pris de la cocaïne au moins une fois dans l'année.

C'est pour lutter contre ces statistiques mises en avant par l'Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) que le gouvernement a dévoilé jeudi son
nouveau plan de lutte contre la drogue et les conduites addictives, qui doit s'étendre de 2013 à 2017.

Il comprend de nombreuses mesures, "très orientées sur
la prévention sanitaire, notamment en direction des jeunes
", comme l'a expliqué jeudi Danièle Jourdain-Menninger, présidente de la Mission interministérielle de
lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt)
, qui a préparé ce plan.

Cible prioritaire : les jeunes

"Rares sont les jeunes de 17 ans qui à cet âge n'ont expérimenté aucun des
trois principaux produits que sont l'alcool, le tabac et le cannabis
", a souligné la présidente de la Mildt.

Un constat validé par les chiffres de l'OFDT, qui a constaté qu'en 2010, 60 % des jeunes de cet âge ont été ivres au moins une fois, 31,5 % ont fumé régulièrement et 6,5 % ont fait un usage quotidien du cannabis.

Le gouvernement veut donc lutter contre ces addictions en valorisant les consultations jeunes
consommateurs (CJC). Animée par des professionnels de la santé, ces 400 structures, pour le moment assez méconnues, accueilleront
les jeunes de moins de 25 ans pour évaluer leur consommation addictive et les
aider à y mettre fin.

Soucieux d'axer la prévention aux évolutions technologiques, le plan de la Mildt veut développer sur les réseaux sociaux et "dan s les langages que les jeunes comprennent " des campagnes de communication "sans porter un discours hygiéniste
ou moralisateur dont il est établi qu'il est contre-productif
".

Les jeunes ne sont pas les seuls à être visés par ce plan, qui évoque également le cas des femmes enceintes, avec ce chiffre inquiétant : 22,8 % d'entre elles ont consommé au moins une fois de l'alcool pendant leur grossesse en 2010.

Le problème, c'est que les femmes qui attendent un enfant renoncent parfois aux
soins de peur d'être stigmatisées. Le gouvernement souligne donc l'importance de développer encore davantage
un travail de proximité.

"Nouvelles stratégies thérapeutiques "

Face à l'évolution des comportements addictifs, la Mildt veut développer de
"nouvelles stratégies thérapeutiques " avec le Repérage précoce et
intervention brève (RPIB) pour réduire les consommations excessives d'alcool.

"Il nous faut changer notre regard sur les consommateurs de produits
stupéfiants, sans complaisance mais avec compréhension." (Danièle Jourdain-Menninger) 

Danièle Jourdain-Menninger a également insisté sur l'importance de mettre en place "une politique pénale adaptée, ni complaisante, ni laxiste ", avec une "articulation santé-justice ", qui peut passer par les CJC ou des stages de sensibilisation, lesquels sont jusqu'à présents "très inégaux " sur le territoire et doivent être remis à plat.

Lutter contre le trafic et les réseaux criminels

La Mildt a également dévoilé plusieurs autres mesures, cette fois pour lutter contre le trafic, avec :

L'expérimentation (déjà en
cours) des amendes douanières pour les acheteurs de drogue,L'intensification de
la surveillance sur internet,Le financement de matériel de pointe pour détecter
les nouvelles drogues de synthèse,Le renforcement de la coopération européenne. Enfin, face aux développement des cultivateurs de cannabis - les cannabiculteurs - le plan prévoit de "couper  court aux idées reçues sur les vertus bio du cannabis issu de ces cultures " souvent aux mains de réseaux criminels, et d'intensifier la surveillance des canaux d'accès à la
production locale (achat de graines, etc.).

Dernière annonce du jour : la Mildt entend faire de la future "salle de shoot " parisienne, qui doit ouvrir ses portes en novembre, un outil de "médiation sociale ".

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