La marque de voitures électriques Tesla rencontre quelques soucis sur sa route

Vue de l\'intérieur d\'une voiture Tesla chez un concessionnaire à New York (Etats-Unis), le 5 juillet 2016.
Vue de l'intérieur d'une voiture Tesla chez un concessionnaire à New York (Etats-Unis), le 5 juillet 2016. (SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Les ambitions nourries par Tesla de transformer radicalement l'univers automobile avec des voitures 100% électriques et des technologies sophistiquées sont mises à mal par une série d'accrocs.

Les voitures Tesla tiendront-elles leurs promesses ? Ces véhicules 100% électriques, aux technologies de pointe, devaient révolutionner l'automobile. Mais, signe de la tempête soufflant sur le groupe créé en 2003 par l'entrepreneur d'origine sud-africaine Elon Musk, la valorisation de l'entreprise sur le marché boursier a perdu un milliard de dollars en quelques jours. La raison : une série de revers que vient de rencontrer la marque.

Des capacités de production mises en doute

Dimanche 3 juillet, le constructeur de véhicules électriques de luxe a annoncé n'avoir produit que 18 345 voitures au deuxième trimestre et livré quelque 14 370 véhicules à ses clients. Problème : Tesla prévoyait d'en construire 20 000 et d'en livrer 17 000. Du coup, la Deutsche Bank doute désormais de la capacité de Tesla à tenir sa promesse de produire 500 000 véhicules par an à partir de 2018.

Pour le second semestre de l'année 2016, le groupe entend livrer 50 000 voitures, ce qui devrait porter à 79 000 le nombre de véhicules livrés en 2016. Mais Tesla visait entre 80 000 à 90 000 livraisons en début d'année. L'enjeu est donc de savoir si l'entreprise réussira à commercialiser massivement en 2017 la Model 3, sa voiture d'entrée de gamme vendue à 35 000 dollars. Et ainsi lui permettre de passer du statut de constructeur de niche à celui de producteur en grande série.

Des enquêtes ouvertes après deux accidents

Autre inquiétude pour les marchés, l'ouverture de deux enquêtes aux Etats-Unis sur Autopilot, le système d'aide à la conduite automatique qui était enclenché au moment d'une collision mortelle d'une Model S avec un poids lourd en Floride, le 7 mai.

L'accident a coûté la vie à Josh Brown, un passionné d'automobile, toujours fier de sa voiture électrique et de son système de pilotage automatique. D'après Tesla, le soleil, très brillant ce jour-là, et la hauteur de la remorque, pourraient expliquer pourquoi la présence du camion n'a pas été détectée par les capteurs et la technologie dernier cri du véhicule. Celle-ci aurait dû permettre à la voiture d'effectuer seule certaines manœuvres comme freiner en cas de danger.

Les autorités américaines ont ouvert une enquête sur un accident impliquant un SUV sans faire de victime, cette fois, en Pennsylvanie, le 1er juillet. Les enquêteurs cherchent à savoir si la fonction pilotage automatique était activée. "Nous n’avons aucune donnée en notre possession démontrant que le système Pilotage automatique était activé au moment de l’incident, indique de son côté Tesla à francetv info. Lorsqu’un accident significatif se produit, Tesla est alerté. Comme nous avons l’habitude de le faire lors de chaque collision, nous avons immédiatement contacté le propriétaire du véhicule pour nous assurer qu’il se trouvait en sécurité. Sans réponse du propriétaire, nous ne sommes pas en mesure d’approfondir notre enquête."

Une technologie remise en cause

Ces accidents, qui portent un coup au développement de la voiture autonome, ont conduit certains observateurs à se demander si Tesla avait suffisamment testé son Autopilot, l'un des arguments commerciaux de la marque. 

Pour sa défense, le constructeur rappelle que l'accident en Floride est le premier accident tragique sur les 200 millions de kilomètres parcourus en mode pilotage automatique par ses voitures. En comparaison, il y aurait aux Etats-Unis en moyenne un mort tous les 150 millions de kilomètres parcourus par les voitures classiques, selon Tesla.

Le quotidien Wall Street Journal affirme lui avoir recensé d'autres accidents impliquant le pilotage automatique de la marque sur la foi de témoignages de propriétaires de voitures Tesla.

Une union discutable avec SolarCity

La communauté financière s'interroge par ailleurs sur la nécessité du mariage à 2,7 milliards de dollars annoncé entre Tesla et SolarCity, le producteur d'énergie solaire, autre bébé d'Elon Musk.

Cette union entre deux entreprises, qui ont perdu à elles deux 1,6 milliard de dollars en 2015, soulève des problèmes de gouvernance et de conflits d'intérêts. Car Elon Musk et sa famille sont omniprésents chez l'une et l'autre société.

Dans son "grand plan secret" dévoilé en août 2006, Elon Musk avait expliqué que Tesla allait réinventer l'automobile en trois étapes : en produisant une voiture de sport électrique (Roadster), puis une berline de luxe familiale (Model S) et enfin une voiture abordable (Model 3) avant de devenir une entreprise de transport et d'énergie "intégrée verticalement". L'objectif : devenir le "meilleur" producteur de voitures au monde.

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