Comment se protéger des ondes électromagnétiques ?

Les ondes électromagnétiques, notamment celles des téléphones portables, inquiètent les chercheurs indépendants, et poussent l\'Anses à demander aux utilisateurs de prendre des précautions.
Les ondes électromagnétiques, notamment celles des téléphones portables, inquiètent les chercheurs indépendants, et poussent l'Anses à demander aux utilisateurs de prendre des précautions. (JIM FOLEY / FLICKR RF / GETTY IMAGES)

Un rapport de l'Anses estime que ces ondes, qui émanent notamment des téléphones portables, n'ont pas d'effets "avérés" sur la santé. Pourtant, quelques précautions élémentaires peuvent être prises par les utilisateurs.

Téléphone portable, four micro-ondes, ampoules à basse consommation, elles sont partout. Les ondes électromagnétiques, que produisent la plupart des équipements électroniques qui nous entourent, inquiètent. Lundi 15 octobre, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'environnement (Anses) a voulu rassurer l'opinion en publiant un nouvel avis sur la question. Elle assure que ces ondes n'ont "pas d'impact avéré sur la santé".

Mais, d'après Olivier Merckel, chercheur à l'Anses, ce rapport "brise le tabou des ondes inodores et sans saveurs", car "on a la preuve qu'elles ont une interaction avec le vivant". Le document reconnaît ainsi le bien-fondé de l'annonce de l'OMS qui, en 2011, avait classé le téléphone portable parmi les "cancérogènes possibles". Du coup, l'Anses recommande tout de même de prendre des précautions avec les appareils émetteurs d'ondes. Francetv info liste les conseils à suivre pour limiter leurs éventuels effets.

Vivre comme au XIXe siècle ou partir pour l'Amazonie

A moins de voyager dans le temps ou de s'exiler dans une zone du globe dépourvue d'activité humaine, vous ne pourrez pas échapper aux ondes électromagnétiques. Tout appareil électrique ou électronique émet en effet un champ électromagnétique. Selon l'Anses, les plus puissants sont les radars (utilisés pour détecter des avions, des navires ou pour les prévisions météorologiques) et les émetteurs de télévision, qui émettent 1 000 fois plus de volts par mètre (V/m) qu'une antenne GSM (ou antenne relais, utilisée pour la téléphonie mobile).

Mais les équipements les plus fréquents, comme un four à micro-ondes (3 V/m à 40 cm), une plaque à induction (6 V/m à 40 cm) ou une ampoule à basse consommation (15 V/m à 30 cm) sont aujourd'hui omniprésents dans les foyers modernes. Au milieu de cette exposition multiple, le téléphone portable, et ses 62 millions d'abonnés en France d'après l'Insee, représente "le mode d’exposition principal des citoyens aux radiofréquences", selon l'Inpes.

Et si on refuse d'acheter un portable, les antennes relais, elles, sont inévitables, notamment dans les centres-villes, selon l'Anses. Face à cette omniprésence des ondes, certains cherchent, avec difficulté, à trouver une terre encore vierge, pas en Amazonie, mais dans la Drôme, comme le décrit Le Monde.

Ne pas dormir avec votre téléphone sous l'oreiller

Le geste le plus facile pour éviter une exposition aux ondes consiste à éloigner la source de son corps, notamment de sa tête. Les utilisateurs intensifs de téléphone portable (ceux qui téléphonent plus de 40 minutes par jour, selon l'Anses), doivent ainsi se convertir au kit mains libres. A plus de 40 cm de la tête, la puissance des ondes est suffisamment atténuée. Du coup, comme l'explique le site gouvernemental lesondesmobiles.fr, mieux vaut privilégier les SMS. Des scientifiques indépendants, comme ceux du Criirem, conseillent également d'éviter de s'endormir avec son portable allumé près de l'oreiller.

Et pas la peine de compter sur un dispositif anti-ondes. On trouve aujourd'hui des poches blindées, des patchs autocollants et des étuis en acier, prétendument efficaces. Mais d'après le ministère de la Santé (en PDF), aucun de ces équipements n'a encore fait la preuve de son efficacité. "Ce n'est pas sérieux, confirme Catherine Gouhier, secrétaire générale du CriiremLes certifications de ces dispositifs, ce sont souvent celles des laboratoires des seuls fabricants. Ça ne vaut rien."

Ne pas pousser votre portable à bout

Chaque utilisateur de portable a déjà maudit l'unique barre de réseau qui l'empêche de téléphoner correctement dans un village coupé du monde ou dans un ascenseur. Plus que la frustration, ce faible niveau de connexion provoque surtout une surexposition de l'utilisateur aux ondes électromagnétiques. Car le portable, beaucoup plus sollicité, peut doubler son émission d'ondes. Il est donc conseillé d'éviter de coller son portable à son oreille à ce moment-là.

Cette recommandation pousse l'Anses à s'interroger sur une augmentation du nombre d'antennes relais. Car, paradoxalement, multiplier ces relais signifie diminuer les ondes émises par chaque téléphone portable, mais aussi par chaque antenne.

Autre recommandation liée à la trop forte sollicitation d'un portable, éviter de téléphoner lors d'un trajet, en train par exemple : le téléphone est poussé à sa puissance maximale pour se connecter aux nombreux relais qu'il croise. Enfin, téléphoner en voiture provoque un effet "cage de Faraday" : les ondes émises par le téléphone, emprisonnées dans l'habitacle, sont concentrées autour de l'utilisateur. A éviter aussi, donc. 

Prendre garde aux enfants et aux personnes fragiles

C'est la première des recommandations de l'Anses. Les enfants ne doivent pas utiliser un portable, ou du moins pas collé à l'oreille. "Leur cerveau est plus exposé, en raison d'une boîte crânienne moins épaisse", explique Martine Hours, présidente du comité des experts sur les radiofréquences de l'Anses. Les femmes enceintes doivent également être préservées. Leur sort n'est pas évoqué dans le rapport, mais selon l'un des rapporteurs, Olivier Merckel, "même si un fœtus est protégé par le liquide amniotique, il est évidemment déconseillé à une femme enceinte de télécharger quelque chose sur une tablette posée sur son ventre".

Autre catégorie de personnes à éloigner d'un portable ou d'une tablette, les porteurs de pacemaker. Le fonctionnement du dispositif, vital pour ces malades du cœur, pourrait être perturbé.

Enfin, les personnes qui se disent victimes d'électro-hypersensibilité cherchent également à être particulièrement protégées des ondes électromagnétiques. Sujets à des brûlures et à des maux de tête, ils expliquent leur maladie par une trop forte exposition à ces ondes, comme l'explique Le Monde. Un débat est en cours sur la reconnaissance et l'explication de cette pathologie. L'Anses annonce le lancement d'une étude spécifique sur la question. "On attend des résultats, et notre groupe de travail va s'emparer de la question en novembre, pour des conclusions espérées fin 2014-début 2015", explique Olivier Merckel.

Opter pour une connexion filaire, pas pour les cactus

Considéré comme négligeable dans le rapport de l'Anses, le wifi, très utilisé pour surfer sur internet à la maison ou au travail, fait en revanche dresser les cheveux sur la tête des associations anti-ondes. Face au manque d'études sur ce réseau sans fil en pleine expansion, le Criirem prône ainsi "une connexion filaire, au nom du principe de précaution, explique Catherine Gouhier. Aujourd'hui, rien n'est fait dans les écoles. On pourrait au moins mettre en place des dispositifs pour n'allumer un réseau wifi que lorsqu'on en a besoin."

Pour limiter les effets de l'exposition des utilisateurs, il est également conseillé, notamment par l'Autorité de régulation des communications (en PDF, p. 30), d'installer les bornes wifi et les box internet en hauteur, à plus de 2,10 m. "Cela facilite également la connexion entre la box et les objets connectés, avec moins d'obstacles, ce qui nécessite moins de puissance, et provoque donc moins d'ondes", ajoute Olivier Merckel.

En revanche, installer un cactus chez vous, ou à côté de votre bureau, ne vous aidera pas, comme l'explique Rue89. Les propriétés d'absorption des ondes électromagnétiques attribuées à cette plante sont une légende, comme le rappelle Sciences et avenir.

Choisir un téléphone faiblement émetteur

Trop peu d'utilisateurs le savent, mais tous les portables ne sont pas égaux devant l'émission d'ondes. Et depuis 2003, les fabricants sont obligés d'indiquer, sur la notice de chaque téléphone, le niveau du débit d'absorption spécifique (DAS) que provoque l'appareil. Depuis 2002, ce niveau ne doit pas dépasser 2 W/kg, et les disparités entre téléphones sont parfois importantes. Les Numériques listent les portables qui émettent le moins d'ondes, à vous de faire le bon choix.