Bouygues céderait son réseau à Free : et le consommateur ?

(Charles Platiau Reuters)

Puisque Bouygues est candidat au rachat de SFR - et qu'il n'a pas besoin de deux réseaux mobiles - le groupe confirme être entré en négociations exclusives avec Free pour vendre "15.000 antennes et un portefeuille de fréquences, dont une partie pour la 4G". Montant de la transaction : jusqu'à 1,8 milliard d'euros. Les associations de consommateurs s'inquiètent.

Un coup de théâtre de plus : après s'être échangés des noms d'oiseaux depuis des mois, voire des années, Bouygues et Free se sont réconciliés... autour d'une très grosse somme d'argent. Bouygues est aujourd'hui prêt à céder son réseau mobile pour 1,8 milliard d'euros, selon leJournal du dimanche , qui parle de "trois jours et trois nuits de négociations secrètes" . Les deux opérateurs ont confirmé, dans la matinée, les grandes manoeuvres en cours.

Des négociations qui recompose totalement le paysage de la téléphonie mobile française, et auxquelles le gouvernement n'est pas, a priori, hostile : "Si on revient à trois (opérateurs), on est plus fort que si on subsiste à quatre" , dit ainsi Arnaud Montebourg au Parisien .

De quoi s'agit-il précisément ? On le sait, Bouygues est candidat au rachat de son concurrent SFR, tout comme Numericable d'ailleurs. Bouygues ne pourra être choisi qu'après l'avis de l'Autorité de la concurrence... D'où cette vente-coup de théâtre.

Pour 1,8 milliard d'euros

Bouygues est prêt à céder l'intégralité de son réseau mobile, "pour un montant pouvant aller jusqu'à 1,8 milliards d'euros" , annonce Olivier Roussat, le PDG de Bouygues Telecom. L'accord porte sur "15.000 antennes et un portefeuille de fréquences, dont une partie pour la 4G" . A condition... que Bouygues acquière SFR.

Tout le monde sortirait gagnant d'un tel montage, semble dire le PDG de Bouygues Telecom : "Nous apportons une réponse immédiate aux impératifs de la concurrence. En cas de fusion avec SFR, nous aurions un réseau de trop. Là, il y a un acheteur qui va recréer une dynamique concurrentielle. Cette solution clé en mains devrait faciliter le mariage avec SFR et rassurer Vivendi".  Et Free deviendrait un opérateur mobile à part entière.

La tonalité est la même dans la réaction de la CLCV, autre association protection des consommateurs. Son délégué général François Carlier voit dans ce futur à trois grands opérateurs un "risque d'entente, de prise de marge et de traification trop élevée."

Voilà qui chamboulerait totalement le paysage, en tout cas. Aujourd'hui, Orange a 27 millions de clients, SFR 21 millions, Bouygues 11 millions et Free 7,4 millions. Mais Free, qui n'a pas beaucoup de relais 3G, s'appuie beaucoup sur son contrat d'itinérance signé avec Orange. 

La réaction d'Orange : vigilance

Le leader de la téléphonie mobile regarde avec prudence le tour de table qui se profile, en se lontrant officiellement beau joueur : il accueuille "positivement les annonces de consolidation des acteurs.".  Le groupe historique va
toutefois surveiller les conditions du rapprochement sur "le point stratégique
des fréquences"
, la matière première des services présents et futurs.