L'astronaute Claudie Haigneré conseille à Thomas Pesquet de profiter de "toutes ses sensations, ses visions"

Claudie Haigneré, seule femme française à avoir été dans l\'espace
Claudie Haigneré, seule femme française à avoir été dans l'espace (MIKHAIL GRACHYEV ESA/CNES)

Jeudi 17 novembre, le spationaute français, Thomas Pesquet, passe ses dernières heures sur Terre. Cette aventure rappelle des souvenirs à Claudie Haigneré, la seule spationaute française à être allée dans l'espace, lui conseille de profiter de l'environnement extra-terrestre.

Thomas Pesquet va s’élancer, jeudi 17 novembre, du cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, vers la Station spatiale internationale (ISS). Le spationaute de 38 ans, envoyé spatial de franceinfo, y restera six mois. Quelques heures avant le départ, Claudie Haigneré, la première et unique femme française à avoir volé dans l’espace, a détaillé sur franceinfo l'état d'esprit des astronautes avant le décollage.

franceinfo : Que ressent-on lors du décollage ?

Claudie Haigneré : Thomas Pesquet disait qu’il se sentait prêt pour toutes les phases de la mission mais qu’il avait envie de sentir les vibrations, la poussée au moment de la propulsion de la fusée qui va durer huit minutes et 48 secondes. Il y a des choses qu’on a travaillées, qu’on se représente et puis il y a la réalité du moment. Il est très impatient de vivre le moment de la mise à feu et du décollage.

Avez-vous donné des conseils à Thomas Pesquet ?

Il faut qu’il prenne du temps aussi pour lui. On lui a dit de profiter de toutes ces sensations, ces visions, ces perceptions d’un environnement tout à fait extra-terrestre, extraordinaire, pour pouvoir les partager au retour. Il doit bien sûr penser au programme scientifique, pour mieux comprendre certains éléments sur Terre et pour préparer les explorations pour le futur.

Quel genre de superstitions ont les astronautes avant de s'élancer ?

Ce sont plus des traditions que des superstitions. Il faut planter son arbre dans l’allée des cosmonautes, regarder ce fameux film Le Soleil blanc du désert que tous les cosmonautes regardent depuis 40 ans. C’est l’héritage du passé, on le respecte parce que c’est une grande aventure humaine, au-delà de l'aventure scientifique et technique.

Quelles sont les difficultés majeures lors de ces missions ?

On se sent un peu l'inconfort les premières 24 heures car il faut retrouver des références dans son environnement. On doit se déplacer en trois dimensions avec un corps non-pesant. Il faut recalibrer ses gestes. C'est intéressant pour comprendre comment notre organisme peut s’adapter à cet environnement très particulier. Ensuite, on s'adapte très vite et on peut effectuer un programme scientifique.

Comment se sent-on à quelques heures du décollage ?

Pour les cosmonautes, aller dans l'espace est un rêve. D'ailleurs, pour moi, la réalité était encore plus belle que mon rêve. Mais c’est surtout le regard des autres qui vous change. Les autres vous regardent comme la personne qui a eu la chance de réaliser ce rêve. On a tous en soi l’envie d'explorer des choses qui ne sont pas accessibles tout de suite. L’exploration, c’est ouvrir le chemin pour toujours aller plus loin , mieux connaître l’humain et la planète.

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