On vous présente Aeolus, le satellite européen lancé pour mesurer les vents et améliorer les prévisions météo

Le satellite ADM-Aeolus doit être lancé le 22 août 2018 à partir de la base de lancement de l\'Agence spatiale européenne, située à Kourou, en Guyane (France). Les instruments à son bord devront aider à comprendre le climat de la Terre.
Le satellite ADM-Aeolus doit être lancé le 22 août 2018 à partir de la base de lancement de l'Agence spatiale européenne, située à Kourou, en Guyane (France). Les instruments à son bord devront aider à comprendre le climat de la Terre. (ESA/ATG medialab)

Grâce à des impulsions laser, le satellite ADM-Aeolus permettra de rendre les prévisions météo plus précises.

Il a nécessité quinze ans de recherches et quelque 480 millions d'euros. Après un premier report pour cause de météo défavorable, le satellite ADM-Aeolus de l'Agence spatiale européenne doit être lancé depuis la base de Kourou, en Guyane française, mercredi 22 août. 

Les instruments qu'il transporte à son bord sont inédits et permettront aux scientifiques et météorologistes de mesurer de manière précise les vents qui soufflent sur notre planète. Signe de leur sensibilité, les récepteurs situés sur le satellite ont dû être transférés par bateau depuis l'Europe plutôt que par avion, afin d'éviter qu'ils ne s'abîment, explique Airbus Defence and Space, le constructeur. On vous présente ce satellite à la technologie hors normes.

Quelle est la particularité de ce satellite ?

Avec ses 16,50 mètres d'envergure et 1,33 tonne, le satellite ADM-Aeolus ne bat pas de record de taille. Ce qui le distingue des autres, c'est le laser de télédétection dont il dispose, le Lidar (Détection de lumière et télémétrie), baptisé Aladin, qui permettra d'étudier les vents. C'est la première fois qu'un satellite est doté d'un tel dispositif. 

Aeolus est une première mondiale. [...] Déployer pour la première fois un instrument LIDAR dans l'Espace est une véritable gageure, mais aussi un bel exemple de ce dont les Européens sont capables quand ils coopèrent.Nicolas Chamussy, Directeur général d'Airbus Space Systemdans un communiqué

Financé par l'Agence spaciale européenne (ESA), le satellite a été produit dans le cadre du programme de surveillance de l'état de santé de la Terre, Copernicus, précise le quotidien Les Echos (lien abonné). Lancé en 1998, Copernicus comprend sept satellites d'observation permettant de surveiller plusieurs données comme la déforestation ou le niveau des océans.

Comment fonctionne-t-il ?

Une fois le lancement effectué, le satellite doit rejoindre une orbite à 320 km d'altitude. A titre de comparaison, les avions commerciaux volent habituellement à environ 11 km, tandis que la Station spatiale internationale se trouve à environ 400 km de la Terre. Aeolus fera 15 fois le tour de la Planète bleue chaque jour et couvrira tout le Globe en une semaine, précise Airbus. Le satellite est conçu pour une durée de vie de trois ans.

Le Lidar Aladin, accroché au satellite, surveillera les vents en envoyant des séries d'impulsions laser ultraviolettes sur les différentes parties du Globe observées, précise Airbus Defence and Space. La lumière sera ensuite réfléchie par les molécules dans l'air, la poussière et les nuages. Des récepteurs ultra sensibles situés sur le télescope d'1,50 mètre de diamètre d'Aeolus analyseront les variations de lumière reçues. Grâce à ces données, Aeolus établira une cartographie précise de la vitesse et de la direction des vents.

A quoi cela va-t-il servir ?

Les prévisions météorologiques et climatiques, actuellement déterminées de manière parcellaire, seront grandement améliorées par ces nouveaux systèmes, espèrent les scientifiques. "Les agences météo pourront intégrer ces données presque en temps réel, tout comme les climatologues, pour nourrir leurs modèles", estime Mark Drinkwater, chef superviseur de la mission, au Monde. Selon les responsables du programme, les prévisions météo devraient devenir aussi fiables à 15 jours que celles disponibles aujourd'hui à 8 jours.

En rajoutant les profils de vent aux connaissances météo, on pourra améliorer les prévisions d'un facteur deux.Dominique Gillieron, responsable des instruments optiques chez Airbuscité par "Les Echos"

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