Ecoutez le bruit du vent sur la planète Mars

Dans cette image fournie par la NASA le 4 décembre 2018, on peut voir le bras robotique de la sonde InSight, avec la surface martienne à l\'arrière-plan.
Dans cette image fournie par la NASA le 4 décembre 2018, on peut voir le bras robotique de la sonde InSight, avec la surface martienne à l'arrière-plan. (NASA / JPL-CALTECH / AFP)

Les coups de vent ont été enregistrés par le sismomètre embarqué à bord de la sonde InSight, ainsi que par un capteur de pression. 

C'est une vibration sourde. Les humains peuvent écouter le vent martien pour la première fois, enregistré par la sonde InSight et diffusée vendredi 7 décembre par la Nasa. Les coups de vent ont été enregistrés par le sismomètre embarqué à bord de la sonde, ainsi que par un capteur de pression. Le vent a fait vibrer les panneaux solaires d'InSight, et c'est cette vibration que l'appareil a enregistrée et envoyée sur la Terre.

Chacun peut écouter le son sur le site de la Nasa. "Ce sont les quinze premières minutes de données" d'un des sous-composants du sismomètre, a expliqué Thomas Pike, responsable scientifique de cet instrument, de l'Imperial College à Londres. "C'est un peu comme un drapeau flottant dans le vent", a-t-il expliqué. Mais "le son a vraiment l'air de venir d'un autre monde, ce qui est exactement le cas".

Le sismomètre est pour l'instant toujours sur l'atterrisseur lui-même, alors qu'il est voué à être posé sur terre dans quelques semaines, pour écouter les vibrations traversant l'intérieur de Mars, comme des tremblements de terre ou des impacts de météorites dont l'onde de choc se réverbérerait sur toute la planète. Quand il sera au sol, il sera protégé par un dôme afin de ne pas être perturbé par les vibrations venant du vent ou de la surface.

"Un grondement lointain"

Les chercheurs de la mission ont expliqué que la faible densité de l'atmosphère martienne (1% de l'atmosphère terrestre) modifiait la perception du vent, ce qui se traduit par de basses fréquences. Thomas Pike le décrit comme un "grondement lointain". "Notre oreille n'est pas habituée à reconnaître ce son", a-t-il souligné.

En 1976, les atterrisseurs américains Viking 1 et 2 avaient aussi capté le vent martien sur leurs sismomètres, mais ils étaient de moins bonne qualité, et enregistraient des fréquences qui ne permettaient pas à l'oreille humaine d'écouter les sons. 

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