Des poussières d'étoiles vieilles de 7 milliards d'années datées dans une météorite

Illustration de poussière cosmique, des particules pouvant mesurer de 0,1 micromètre à la taille de quelques molécules. 
Illustration de poussière cosmique, des particules pouvant mesurer de 0,1 micromètre à la taille de quelques molécules.  (MARK GARLICK/SCIENCE PHOTO LIBRA / MGA / AFP)

Cette nouvelle datation confirme une théorie astronomique qui prédisait un baby boom d'étoiles avant la formation de notre Soleil. 

Les scientifiques du Field Museum, à Chicago, possèdent depuis cinq décennies un morceau d'une grosse météorite, tombée en septembre 1969 à Murchison, en Australie. En 1987, des micrograins d'un type inédit, alors impossible à dater, avaient été découverts. Lundi 13 janvier, une étude publiée dans la revue scientifique PNAS (lien en anglais) explique comment la science a enfin pu déterminer l'âge de ces poussières d'étoiles : jusqu'à 7 milliards d'années. 

La nouvelle datation par cette équipe de chercheurs confirme ainsi une théorie astronomique qui prédisait un baby boom d'étoiles avant la formation de notre Soleil, au lieu d'un rythme de naissances stellaires constant.

C'est ainsi qu'il y a sept milliards d'années, avant l'existence du Soleil, des étoiles sont nées. Deux milliards d'années plus tard, elles sont mortes, et des poussières de ces étoiles, agrégées dans un bloc, ont fini par tomber il y a 50 ans dans un village australien.

"Comme brûler la meule de foin pour trouver l'aiguille" 

Le conservateur des météorites du musée de Chicago, Philipp Heck, a utilisé avec des collègues une méthode nouvelle pour dater ces micrograins, formés de carbure de silicium, le premier minéral qui se forme quand une étoile se refroidit. Pour distinguer les grains anciens des plus jeunes, les scientifiques ont réduit en poudre un morceau de la météorite, puis ils ont dissous les fragments dans de l'acide, une opération qui a fait apparaître les grains présolaires, soit de plus de 4,6 milliards d'années.

C'est comme brûler la meule de foin pour trouver l'aiguille, a expliqué Jennika Greer, l'étudiante coautrice de l'étude. 

Quand une poussière est dans l'espace, elle est exposée aux rayons cosmiques, ce qui change lentement sa composition. Plus le grain a reçu de rayons cosmiques, plus les éléments qui le composent changent, ce qui permet de le dater. Alors que seuls 20 grains de cette météorite avaient été datés par une autre méthode il y a dix ans, les chercheurs ont réussi à dater 40 micrograins, dont la plupart avaient entre 4,6 et 4,9 milliards d'années.

Ces âges correspondent au moment où les étoiles ont commencé à se désagréger. Ce type d'étoiles ayant une durée de vie d'environ 2 à 2,5 milliards d'années, on remonte ainsi à 7 milliards d'années.

Vous êtes à nouveau en ligne