Un astéroïde riche en eau suggère la présence d'exoplanètes habitables

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La vie pourrait être possible sur d'autres planètes hors de notre système solaire. En tout cas le débat est relancé après la découverte des restes d'un gros astéroïde dans une autre système stellaire. Jamais jusqu'alors on n'avait détecté, ensemble hors de notre système solaire, de l'eau et un corps rocheux, "deux éléments clés" pour qu'une planète habitable existe. 

Un coup d'oeil au ciel ne permet pas forcément de s'en rendre compte. Mais l'espace est rempli d'étoiles éteintes et de restes de planètes. Ce qui arrivera à notre soleil dans plusieurs milliards d'années et à notre Terre s'est déjà produit hors de notre Système solaire.

Mais ces cimetières célestes ne sont pas forcément dénués d'intérêt. Et parmi ceux-ci, un a tout particulièrement retenu l'attention d'un groupe d'astrophysiciens de l'Université de Warwick, au Royaume-Uni. Une étude publiée jeudi relate que les restes d'un astéroïde ont été trouvés en orbite avec sans doute
d'autres planètes autour d'une naine blanche baptisée GD 61 dans un autre système stellaire. Une observation réalisée avec le téléscope Hubble.

Un ancien astéroïde rocheux riche en eau

"A ce stade de son existence tout ce qui reste de ce corps rocheux n'est
que poussière et débris autour de son étoile mourante
", selon commente le
professeur Boris Gänsicke, un des principaux co-auteur de l'étude. (Lorsqu'une exoplanète meurt, les restes se maintiennent en orbite autour de naines blanches, des étoiles en fin de vie). Mais "ces restes contiennent des indices chimiques révélant
l'existence de cet ancien astéroïde rocheux riche en eau
".

Des études avaient déjà été faites, et sur 12 exoplanètes détruites - une exoplanète est une planète hors de notre système solaire -, aucune n'avait montré la présence d'eau.

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Une planète naine composée de 26%
d'eau

Dans les débris, les scientifiques ont aussi détecté du magnésium, du
silicium, du fer et de l'oxygène, qui sont les ingrédients clé des
roches.  "Le fait de trouver autant d'eau dans un tel corps céleste de  grande taille
signifie que les matériaux formant les planètes habitables et de telles
planètes elles-mêmes ont existé ou existent encore dans le système 
stellaire GD
61 et probablement dans de nombreux autres systèmes similaires
", a relevé Jay
Farihi, un astrophysicien à l'Institut d'Astronomie de Cambridge.

L'astéroïde dont les débris ont été trouvés était formé pour 26 %
d'eau. Dans sa vie antérieure, il était peut-être une planète naine. A titre de comparaison, l'eau ne représente que 0,2 % de la masse de la Terre. L'astéroïde aurait les mêmes proportions en eau que Ceres, considérée comme la plus petite planète naine de notre Système solaire (ci-dessous ). 

A seulement 170 années-lumière

La naine blanche GD 61 et son cimetière planétaire se situerait à environ 170 années-lumières de la Terre (une année lumière équivaut à 9.460 milliards de km). Selon ces astrophysiciens, l'étoile, qui était un peu plus grosse que le soleil, a fini par épuiser son carburant il y a 200 millions
d'années pour devenir une naine blanche. Une partie de son système planétaire a survécu, mais pas les astéroïdes
et les planètes naines, dont l'orbite s'est alors fortement rapproché de
l'étoile mourante, où ils ont été détruits par sa force
gravitationnelle.

200 millions d'années après, elle donne en tout cas l'espoir aux astrophysiciens que la vie pourrait exister ailleurs que sur Terre, et même ailleurs que dans notre système solaire. 

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