Sonde InSight sur Mars : "C'est très émouvant, on obtient des photos d’un lieu jamais vu par l'homme"

Des membres de l\'équipe de la mission Mars InSight se réjouissent de l\'atterrissage de la sonde sur la planète rouge lundi 26 novembre.
Des membres de l'équipe de la mission Mars InSight se réjouissent de l'atterrissage de la sonde sur la planète rouge lundi 26 novembre. (AL SEIB / POOL / MAXPPP)

"Il va y avoir des vérifications pour savoir si tous les instruments sont encore en bonne santé après cet événement extrêmement violent qu’est la descente dans l'atmosphère et l’atterrissage", explique le planétologue et astrophysicien François Forget.

"C’est très émouvant parce que c’est l’exploration : on obtient des photos d’un lieu jamais vu par l'homme et à chaque fois, il y a une surprise", s'est réjoui mardi 27 novembre sur franceinfo le planétologue, astrophysicien et directeur de recherche au CNRS François Forget, qui se trouve actuellement au centre de la Nasa en Californie d'où est pilotée Insight. La sonde InSight s'est posée sur Mars lundi soir après sept ans de travail, sept mois de voyage et sept minutes de descente avant l'atterrissage.

franceinfo : est-ce que vous pouvez nous dire ce qui se passe depuis près de 24 heures maintenant, depuis l'atterrissage ?

François Forget : Il y a eu pas mal de choses, même si tout prend du temps. Déjà, tout s’est bien passé, on en a eu la confirmation. La sonde s’est bien posée comme prévu face au Sud. Les panneaux solaires, qui sont très importants, ont été déployés. Ils sont en forme d’éventail, flexibles, et font plus de deux mètres de diamètre, donc ça y est, on a plein d’énergie. On a aussi obtenu des photographies : on a deux caméras sur cette sonde et on a pu voir le site, qui est un terrain désertique, assez caillouteux mais dégagé juste devant la sonde, ce qui est important pour qu’on puisse poser des instruments.

Même si 25 sondes se sont déjà posées sur Mars, il y a encore une fascination à voir les premières photos d’une sonde qui s’est posée...

Oui, c’est très émouvant parce que c’est l’exploration : on obtient des photos d’un lieu jamais vu par l'homme et à chaque fois, il y a une surprise. Là, par exemple, le site est un peu étonnant. On est ailleurs, la sonde vient de passer sa première nuit à -80°C, on suit ça, et on a tout un long programme d’installation de toutes les expériences scientifiques dans les semaines et mois à venir. Dès cette semaine, il va y avoir des vérifications pour savoir si tous les instruments sont encore en bonne santé après cet événement extrêmement violent qu’est la descente dans l'atmosphère et l’atterrissage. Et progressivement, on va installer les deux grands instruments principaux : le sismomètre français et un système de sondage allemand qui doit être déployé devant la sonde, et ça peut prendre deux à trois mois. Puis pendant les deux mois qui vont suivre, cette sonde thermique allemande va pénétrer dans le sol, jusqu’à cinq mètres, et pendant ce temps on va régler finement le sismomètre français, qui est un bijou de technologie.

Les panneaux solaires peuvent-ils fonctionner correctement, même s’il y a des nuages, des averses ?

Ce qui est vraiment dangereux au niveau météo sur Mars, plus que les nuages, ce sont les tempêtes de sable ou de poussière. Certaines saisons, on a beaucoup de poussière dans l’atmosphère et il y a encore quelques semaines, il y a eu une tempête énorme de poussière qui a complètement obscurci le ciel. Il y a actuellement un autre robot en ce moment à la surface de Mars, Opportunity de la Nasa, et il est tombé en panne avec ses panneaux solaires car il manque d’énergie. Depuis plusieurs semaines, on attend qu’il nous recontacte quand ses batteries se seront remplies. Donc c’est un danger qui guettera aussi InSight pendant sa vie à la surface de Mars.

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