VIDEO. "Mon mari était en torche..." : comment un coupeur de feu de père en fils a soigné un homme gravement brûlé

Gilles Bomal a voulu faire comme son papa qui coupait le feu. Pourquoi lui et pas moi ? Alors, il s’est d'abord exercé sur ses amis avant d’être confronté à un vrai drame qui a confirmé son don... Extrait du magazine "13h15 le samedi" du 24 novembre 2018.

"C’était quelqu’un qui avait fait des études d’ingénieur, un scientifique qui était dans la technique. Papa était très mathématicien, quelqu’un pour qui un plus un ne faisait pas autre chose que deux", se souvient Gilles Bomal. Sa mère ajoute que son mari disait toujours : "Je ne cherche pas à savoir. Ça marche, c’est l’essentiel." Le futur coupeur de feu précise : "C’est comme cela que je me suis intéressé à ça. J’avais dix ou quinze ans, je ne sais plus exactement. Mon papa le faisait, alors pourquoi pouvait-il le faire ça et pas moi ? Et donc, j’ai essayé…" Au commencement, il s’exerce un peu par curiosité, juste pour soulager des copains… jusqu’à un accident très grave.

Son ami Franck, préparateur de motos de courses, a bien failli rester défiguré après l’incendie de son entrepôt. A cause des produits inflammables présents sur son lieu de travail, une petite étincelle a vite déclenché un immense brasier. "Le vent s’est engouffré et le feu a pris à une vitesse pas possible. Dans un moment de panique, j’ai essayé de sauver pas mal de choses. Et puis, je suis sorti avec un jerrican d’essence mal fermé. Je me suis embrasé le pantalon", se rappelle-il aujourd’hui pour le magazine "13h15 le samedi" (replay).

"Je n’avais plus aucune sensation de brûlure"

"Mon mari était en torche… Son copain l’a roulé par terre pour éteindre le feu, raconte son épouse. C’était surtout le front avec la peau qui tombait. On avait l’impression qu’on lui avait mis un masque qui glissait sur l’œil. Les mains étaient aussi brûlées. Les pompiers ne voulaient même pas que je vois…" Le coupeur de feu de père en fils est immédiatement prévenu du drame et arrive tout de suite sur place. Il passe alors les mains sur les brûlures de son ami qui témoigne : "Ce qui me reste gravé dans la mémoire, c’est le premier passage que tu as fait sur mes mains. Tu étais à cinq centimètres au-dessus et j’avais l’impression que tu me serrais…"

Gilles détaille son intervention : "J’ai senti que c’était quand même très brûlé. J’ai passé mes mains un peu partout et bu beaucoup d’eau parce que j’avais très chaud." Le rescapé dit enfin à celui qui lui a prodigué ces soins non conventionnels : "A partir du moment où tu es parti, je n’avais plus aucune sensation de brûlure. Je n’avais plus rien. Et l’infirmière qui est venue me soigner les deux premiers jours, refusait que je me regarde dans le miroir. Elle ne voulait pas car elle avait peur de ma réaction. Je ne l’ai pas revue pendant près d’un mois. Et quand elle m’a vu, elle s’est mise à genoux en me disant : 'Ce n’est pas possible, c’est incroyable !'" Gilles, qui a vissé sa plaque de magnétiseur après cet événement, se félicite surtout de l’"avoir pris tout de suite".

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