Une Rennaise recalée au don du sang parce qu'elle est sourde

Capture d\'écran d\'une vidéo publiée par Laura Guernalec, le 2 septembre.
Capture d'écran d'une vidéo publiée par Laura Guernalec, le 2 septembre. (FACEBOOK / FRANCEINFO)

Une femme de 23 ans a dû rebrousser chemin après que le médecin l'ayant accueilli a refusé de communiquer avec elle par écrit, fin août.

"Je voulais donner mon sang car je trouve que c'est un beau geste de solidarité." Laura Guernalec, une femme sourde de 23 ans, se dit "attristée" et "en colère" après avoir été empêchée de participer à un don du sang, le 24 août, à Rennes (Ille-et-Vilaine). Elle raconte sa mésaventure au site de Ouest France, samedi 10 septembre.

"Dès que je suis rentré dans le bureau du médecin, je lui ai dit que j’étais sourde mais que je pouvais lire sur ses lèvres et aussi communiquer par écrit, affirme cette enseignante en langage des signes. Il n’a pas voulu faire le moindre effort et j’ai eu la désagréable impression de me retrouver devant un mur. Il ne me regardait même plus et travaillait sur son ordinateur."

Un "refus" du médecin de communiquer par écrit

Dans un message publié sur Facebook le 2 septembre, Laura Guernalec précise avoir demandé au médecin de lui poser ses questions par écrit, ce qu'"il a refusé". L'homme a mis fin à l'entretien en déplorant une impossibilité de communication. "Ne pas pouvoir ou ne pas vouloir ?", s'interroge la jeune femme.

"C'est lui qui refusait de trouver une solution, déplore-t-elle, sur le site de France Bleu. Moi j'étais prête à lire sur les lèvres, à écrire, à faire des efforts..."

Un nouveau rendez-vous le 23 septembre

Interrogé par Ouest France et France Bleu, le directeur adjoint de l'Etablissement français du sang en Bretagne se dit "préoccupé" par le sujet. "La réglementation est très précise et très exigeante, justifie-t-il. Le médecin doit s’assurer que le donneur a parfaitement bien compris les questions qu’on lui posait. Pour sa sécurité pendant et après le don, et aussi s’assurer qu’il n’y a pas de contre-indications."

"L'entretien doit garantir le secret médical, précise-t-il. La présence d'une tierce personne [un interprète, notamment] n'est pas autorisée, mais je le regrette."

En attendant des avancées en matière d'accueil des personnes sourdes et malentendantes, Laura Guernalec a obtenu un nouveau rendez-vous, le 23 septembre, "où elle pourra donner son sang".

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