Une accalmie en vue pour le trou de la Sécu ?

Pour la première fois, les dépenses de médicaments se sont stabilisées en 2011.
Pour la première fois, les dépenses de médicaments se sont stabilisées en 2011. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

C'est une première, les dépenses de médicaments se sont stabilisées en 2011. L'Assurance maladie s'est félicitée des actions de régulation des pouvoirs publics.

SANTE - Et si le déficit de la Sécurité sociale cessait de s'accroître ? L'an dernier, et pour la première fois, la France n'en était pas loin en matière de dépenses de médicaments. "En 2011, nous sommes parvenus à maîtriser la forte croissance des dépenses de médicaments du début des années 2000", a détaillé Mathilde Lignot-Leloup, chargée de l'organisation des soins à l'Assurance maladie, jeudi 6 décembre. La conséquence du cocktail d'incitations gouvernementales à moins dépenser : campagnes de sensibilisation, baisse des tarifs ou encore déremboursements de médicaments. Francetvinfo revient sur les détails de cette baisse et sur ce qu'il reste à faire.

Moins de médicaments et plus de génériques…

Les chiffres ont réjoui l'Assurance maladie. On n'atteint pas encore un bilan en baisse, mais les dépenses de médicaments se sont tout de même stabilisées à +0,2% sur l'année 2011. Et si l'on ne prend en compte que les médicaments délivrés par les pharmacies de ville, les dépenses baissent même de 0,2% en 2011, contre près de +9% en 2001 et +2% en 2010.

Les montants remboursés atteignent 22,84 milliards d'euros pour 2,64 milliards de boîtes remboursées. En volume, le nombre de boîtes a diminué de 0,8% par rapport à 2010. Les plus fortes baisses concernent les hormones de croissance (-17,3%), les antiostéoporotiques (-8,9%), les antirhumatismaux (-6,3%), les anti-inflammatoires locaux (-6,3%), les antihypertenseurs (-2,5%), les antidépresseurs (-2,3%) et les psychotropes (-1,7%).

La "progression importante" du taux de substitution des génériques, qui est passé de 71% en début d'année à 82,4% fin novembre 2012, favorise également cette stabilisation des dépenses. Afin de l'augmenter encore, l'Assurance maladie avait renforcé cet été l'application du "tiers payant contre génériques", qui oblige les patients refusant les génériques à avancer la part remboursée par la Sécu.

... mais toujours des progrès à faire

Ces progrès n'effacent pas pour autant l'ardoise française. Notre pays reste en tête des huit principaux pays européens (Royaume-Uni, Espagne, Italie, Pays-Bas, Allemagne, Finlande, Norvège) pour les dépenses de médicaments par habitant. Dans le détail, on constate notamment que certains médicaments ont vu leur consommation s'envoler. C'est notamment le cas du Crestor, un anticholestérol, qui occupe la deuxième place des montants remboursés (309,7 millions, en hausse de +9,7%). Le Doliprane, premier médicament en volumes remboursés, a également connu une forte hausse de sa consommation en 2011 (+12,8%).

"Il y a encore des marges de manœuvre, notamment en ce qui concerne les antibiotiques", insiste Mathilde Lignot-Leloup. Preuve que les campagnes de sensibilisation et la promotion du bon usage des médicaments n'ont pas encore suffisamment convaincu. Autre sujet à creuser pour l'Assurance maladie, la pharmacie dans les hôpitaux. Les prescriptions hospitalières ont en effet augmenté de 327 milliards d'euros, quand celles réalisées par les médecins de ville ont baissé de 294 milliards.

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