Un patient en état végétatif depuis 15 ans retrouve des signes de conscience minimale grâce à la stimulation d'un nerf crânien

Façade des Hospices civils de Lyon (Rhône), en mai 2015.
Façade des Hospices civils de Lyon (Rhône), en mai 2015. (GOOGLE STREETVIEW)

Des chercheurs lyonnais ont stimulé pendant un mois le nerf vague d'un patient souffrant d'une grave lésion cérébrale. 

Ses chances de récupération étaient jugées infimes. Un homme de 35 ans, souffrant d'une grave lésion cérébrale et plongé dans un état végétatif depuis quinze ans, a retrouvé des signes de conscience minimale, après une stimulation électrique répétée pendant un mois du nerf vague. C'est le résultat des travaux d'un équipe lyonnaise, associant l'Institut des sciences cognitives Marc Jeannerod (CNRS) et les Hospices civils, publiée dans Current Biology (en anglais) et relayée par Le Monde et Sciences et Avenir

Pendant un mois, le nerf vague du patient a reçu une stimulation de 30 secondes toutes les cinq minutes. Les chercheurs ont choisi de stimuler ce long nerf crânien, qui innerve aussi bien les poumons que le cœur et l'intestin, car il module, dans le cerveau, "la formation réticulée", décrite simplement par Le Monde comme "un système d’allumage et d’éveil". Son activité augmente aussi "la neurotransmission de l'adrénaline", ajoute Sciences et Avenir

Il "sourit ou pleure dans les situations appropriées"

En état végétatif, l'homme était éveillé (contrairement au coma), mais ne répondait pas aux stimulations externes. Les tests ont montré qu'il est désormais capable de suivre des yeux un objet, il "sourit ou pleure dans des situations appropriées" et peut "répondre à des commande simples", poursuit le quotidien. Il "a aussi montré des réactions à la menace, en ouvrant grand les yeux par exemple lorsque quelqu'un se penchait brusquement sur lui", décrit encore Sciences et Avenir.

"Nous avons volontairement choisi le cas le plus difficile pour mener cette intervention", explique Angela Sirigu, de l'Institut des sciences cognitives de Lyon, citée par Sciences et Avenir. "Un patient diagnostiqué en état végétatif selon les critères internationaux, ne montrant aucun signe depuis de très longues années, détaille la chercheuse. Ainsi, si des changements étaient observés après cette intervention, ils ne pouvaient être attribués au hasard."

Si le résultat peut donner un espoir aux familles des centaines de patients, les chercheurs rappellent toutefois que "tous ne pourront pas répondre" à ce type de stimulation. D'autant que le procédé pose des questions ethiques sur l'arrêt et la poursuite des soins aux patients en état végétatifs, qui renvoient, notamment à l'affaire Vincent Lambert.