Touché par un cancer, Patrick Chêne rend hommage à ceux qui l’ont soigné

Patrick Chêne, journaliste de 61 ans, s’était éloigné des plateaux de télévision fin 2016. Touché par un cancer, il revient sur son hospitalisation avec un message à faire passer.

Sur le coût des soins

 "Quand vous sortez d’une hospitalisation de 15 jours qui coûte, c’est affiché, 2000 euros par jour, vous allez à la caisse, vous donnez votre carte vitale, vous préparez votre carte bleue parce que vous avez l’habitude et là on vous dit : 'Non, non, non, c’est ok.' Et là, vous vous dites, il y a quand même un truc, dans ce pays…

Si on pouvait juste être conscient de ça. Il faut continuer à être râleur, les Français. Il faut râler contre ce qui ne va pas, bien sûr. Mais quand ça va bien, il faudrait peut-être le dire un peu."

Sur le respect des patients

"Je n’ai rencontré que des gens respectueux des malades, c’est très important. Avant, le malade il était avec son pyjama, là… 'Hé, m’sieur machin, vous avez bien dormi ?' Non, c’est pas du tout ça. C’est un respect, c’est des regards, c’est de la pudeur. Je n’ai rencontré que des gens formidables."

 

Sur les pressions qui pèsent sur l’administration

"J’ai vu un peu ce qu’il se passait dans les coulisses et j’ai vu que les opérationnels étaient souvent étouffés par une administration avec des codes, avec des normes, avec des décisions qui leur échappaient. Et je pense qu’il faut essayer d’éviter que la machine ne broie ce service public de la santé, parce que ça se passe comme ça : ça vous broie.

Vous n’êtes pas fatigué parce que vous avez donné aux malades, parce que vous avez donné des sourires, du respect, de la bienveillance. Vous êtes fatigué parce qu’il y a une machine au-dessus de vous qui vous broie, parce qu’il y a des gens dans des bureaux qui, eux, ont des tableaux Excel, des classeurs, des tableurs et qui disent : 'Tiens, on va enlever une secrétaire là et puis on va enlever un lit ici puis on va enlever une salle d’’opération.' "

Sur la qualité de ce service public

 "Demandez aux médecins. Respectez les médecins, respectez les infirmières, respectez les aides-soignantes. Demandez-leur ce qu’il faut faire. Ayez confiance en eux. 

S’il y a un endroit où le service public est extraordinairement indispensable, la médecine est gratuite en France, faut quand même le savoir, c’est ahurissant, et avec une expertise extraordinaire.

Donc voilà, moi j’ai une petite voix qui porte un peu, je fais porter cette voix pour dire que ce service public là, il est exceptionnel."

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