Sport de haut niveau et longévité vont-ils de pair ?

Les sportifs de haut niveau vivent en moyenne sept ans de plus que la population générale. C'est la conclusion d'une étude menée par des chercheurs français et publiée dans The American Journal of Sport Medicine.

L'activité physique est bénéfique pour la santé quel que soit le niveau… En suivant simplement les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), une trentaine de minutes de sport chaque jour, l'espérance de vie augmente d'environ trois ans par rapport à un non sportif. Mais selon une étude menée par des chercheurs de l'Institut de recherche biomédicale et d'épidémiologie du sport (IRMES), les sportifs de haut niveau vivent encore plus longtemps que les sportifs amateurs.

Ils ont analysé les données médicales et les causes de décès de 2.403 athlètes (601 femmes et 1.802 hommes) ayant représenté la France aux Jeux Olympiques entre 1948 et 2010. Résultat : leur espérance de vie est d'environ sept ans supérieure à celle de la population générale. "Ce sont des personnes qui vont bénéficier des deux à trois ans que l'on constate généralement mais il y a un gain supplémentaire de trois à quatre ans qui est lié aux conditions exceptionnelles que réunissent ces athlètes", explique le Pr Jean-François Toussaint, qui a dirigé cette étude de Juliana Antero-Jacquemin. 

Cette étude montre que les athlètes ont moins de risques de développer une maladie cardiovasculaire ou un cancer. Et si leur pratique sportive les préserve, le suivi médical ou nutritionnel intense dont ils ont bénéficié pendant des années joue un rôle important.

Mais surtout, ils ont été sélectionnés dès leur enfance pour leurs performances physiques. Ce sont donc des personnes généralement en bonne santé, et qui ont des prédispositions à la performance. "La première prédisposition est génétique : il y a une association entre les prédispositions pour la performance et celles pour la survie. C'est une question de meilleure résistance au quotidien", affirme le Pr Jean-François Toussaint. "C'est aussi une question de comportement : ils fument en général cinq à six fois moins que la population générale…", poursuit-il.

Autre bénéfice du sport de haut niveau : selon ce chercheur, les capacités de concentration et de résistance au stress nécessaires à la compétition préserveraient aussi la santé des athlètes. Dans cette étude, les chercheurs ont pu constater un risque de troubles mentaux bien plus faible chez les Olympiens que dans la population générale.

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