Le dopage des sportifs russes couvert et organisé par l'Etat ?

Un document rendu public, ce lundi 18 juillet 2016, à Toronto (Canada) rapporte que des athlètes russes ont été soustraits au contrôle anti-dopage, notamment pendant les Jeux Olympiques de Sotchi. Les échantillons d'urine des sportifs contenant des résidus de produits dopants étaient échangés avec des échantillons propres par les laboratoires anti-dopage sous la supervision du ministre des Sports avec l'assistance des services secrets russes.

Les laboratoires anti-dopage de Moscou et Sotchi ont protégé les sportifs russes dopés dans le cadre "d'un système sécurisé, dirigé, contrôlé et supervisé par le ministère des Sports russe avec l'aide active du FSB, les services secrets russes", a accusé le rapport McLaren.

Ce document d'une centaine de pages a été présenté par son auteur, le juriste canadien Richard McLaren, ce lundi 18 juillet 2016 à Toronto (Canada).

Le rapport avait été commandé, en mai, par l'Agence mondiale antidopage (AMA) après les accusations de l'ancien patron du laboratoire russe antidopage, Grigori Rodtchenkov, contre un système de dopage organisé lors des JO d'hiver de Sotchi en 2014.

"Le personnel du laboratoire de Moscou n'avait pas le choix quant à son implication dans ce système qui permettait aux athlètes russes de participer à des compétitions malgré l'utilisation de produits dopants", explique le rapport.

Echange d'échantillons d'urine contenant des produits dopants

L'enquête indépendante diligentée par McLaren évoque très précisément le cas des Jeux Olympiques de Sotchi. Il démontre qu'entre le 10 septembre et le 10 décembre 2014, soit dans la période précédent les Jeux, pendant laquelle sont pratiqués les contrôles ciblés, les échantillons stockés dans le laboratoire de Moscou ont été échangés.

Selon le rapport, le ministre des Sports Vitaly Moutko contrôlait ces opérations avec l'assistance des services secrets russes. Ce "système d'escamotage des échantillons positifs" aurait été instauré dès 2011 par la Russie et aurait duré jusqu'en août 2015.

En ce qui concerne l'athlétisme, des échantillons issus de contrôle antidopage des Mondiaux d'athlétisme de 2013 à Moscou ont eux aussi été échangés, avant que la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) ne les récupère pour les analyser, indique le rapport.

"À la fin des Mondiaux de Moscou, le laboratoire (de Moscou) a mis de côté des échantillons positifs". L'urine des athlètes contenant des produits dopants a été remplacée par de l'urine "propre" avant que les échantillons ne soient envoyés à un autre laboratoire, sur instruction de l'IAAF", expose le document officiel rédigé par McLaren.

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